Analyse du projet REV du candidat K. Golgolab

Projet R.E.V. : Le cauchemar fiscal et budgétaire

À retenir immédiatement : derrière les slogans, le programme R.E.V. représente un risque budgétaire massif pour Villepreux.

Sur la base des chiffrages consolidés présentés dans cette page, on arrive à un ordre de grandeur pouvant atteindre 37 M€ d’investissements, 65 ETP supplémentaires à recruter, une dette communale portée autour de 41 M€, soit environ 3 500 € par habitant, et un niveau de fiscalité qui pourrait conduire la taxe foncière communale vers 51 %. Autrement dit : ce programme ne correspond pas à quelques ajustements locaux, mais à un changement d’échelle brutal, hors de proportion avec les capacités d’une commune comme Villepreux.

Cette page propose une lecture structurée, documentée et concrète du projet R.E.V. Nous avons examiné ses principales propositions à partir de critères simples mais décisifs : faisabilité réelle, coût d’investissement, coût de fonctionnement, besoins en personnel, contraintes réglementaires, compétences institutionnelles et impacts pour la commune. Les montants indiqués sont des ordres de grandeur en coût complet : investissement, fonctionnement, ressources humaines, maintenance, procédures, normes et postes oubliés. Là où des données manquent, nous le disons. Là où les promesses sont floues, nous le montrons. Là où les chiffres explosent, nous les recalculons.

Notre conclusion est simple : ce projet peut tourner au cauchemar pour les finances locales.
Fiscalité, dette, recrutements, équipements, exploitation, partenariats avec SQY, le Département, la Région ou l’État : tout serait fragilisé par un programme qui additionne les promesses sans hiérarchiser les compétences ni les moyens. Notre objectif n’est pas de caricaturer ; il est d’éclairer. Car en matière municipale, un projet ne se juge pas à ses effets d’annonce, mais à sa capacité à être financé, réalisé, exploité et tenu dans la durée.

Crédibilité de notre analyse

Une analyse construite par une équipe pluridisciplinaire

Cette analyse s’appuie sur des compétences complémentaires issues de notre équipe : urbanisme, architecture, fonctionnement administratif de structures de santé, sécurité et contrôle d’accès, ainsi que pratiques opérationnelles de gestion publique.

Objectif : confronter des annonces à leur faisabilité réelle (normes, délais, autorisations, recrutements) et à leur coût complet, sans procès d’intention.

Avant le détail, il faut regarder l’essentiel

  • Un programme évalué jusqu’à 37 M€ d’investissements,

  • Environ 65 recrutements supplémentaires,

  • Une dette qui grimperait vers 41 M€,

  • Un ratio d’environ 3 500 € par habitant,

  • Et une fiscalité locale qui pourrait pousser la taxe foncière vers 51 %.

Autrement dit : derrière les slogans, le projet R.E.V. change brutalement d’échelle et ferait peser un risque majeur sur les finances communales.

Chiffres-clés issus du chiffrage consolidé sur 5 exemples

Les statistiques révèlent des tendances alarmantes. Des promesses pouvant peser bien trop lourdement sur le budget d’une commune comme la nôtre 

En investissement et construction

Par an de salaires en plus, avec 65 ETP à recruter

Propositions déjà existantes

Propositions illégales

Notre méthode

En collectivité, un chiffrage doit viser le « coût complet » : investissement, fonctionnement et ressources humaines, en tenant compte des délais, des normes et des autorisations.

En collectivité, on ne “prend pas des devis” comme dans le privé : la dépense passe par les règles de la commande publique (mise en concurrence, procédures, seuils, publicité, délais).
Un “prix internet” ou un devis isolé n’est pas un chiffrage sécurisable.
Notre équipe est formée aux marchés publics : nous construisons des estimations réalistes, compatibles avec les procédures, les délais et les contraintes de réalisation.

Rappel, le code de la commande publique :

Les acheteurs et les autorités concédantes respectent le principe d’égalité de traitement des candidats à l’attribution d’un contrat de la commande publique. Ils mettent en œuvre les principes de liberté d’accès et de transparence des procédures, dans les conditions définies dans le présent code.
Ces principes permettent d’assurer l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics.

Sécurité

Le texte de l’opposition additionne des constats anxiogènes, des mesures déjà engagées, des promesses très coûteuses et plusieurs raccourcis juridiques. Leur page parle d’“impuissance du pouvoir communal” et de “dérive de l’insécurité depuis 2020”, mais elle n’apporte aucun diagnostic local chiffré sur cette page ; à l’inverse, le bilan municipal rappelle que la Ville a déjà augmenté les effectifs de la police municipale, mis en place un CLSPD, développé les îlotages, sécurisé les écoles, étendu la vidéoprotection et modernisé le réseau jusqu’au CSU (Centre de Supervision Urbain), tout en rappelant que la sécurité reste d’abord une compétence régalienne de l’État. Le magazine municipal d’avril 2025 confirme d’ailleurs que les effectifs sont passés à 6 agents, avec présence plus tardive en soirée, possibilité de deux équipages simultanés et renforcement des contrôles de vitesse.

Le principal angle mort de leurs propositions, c’est le coût réel de leur axe 1. Ce qu’ils présentent comme un simple “renforcement de la présence humaine” correspond en réalité à un changement d’échelle vers un service beaucoup plus étendu, quasi 24/7, avec brigade de nuit, poste avancé mobile, présence renforcée, antenne au Val Joyeux et supervision accrue. Nos calculs démontrent qu’un service 24h/24–7j/7 “compact” (Compact signifiant ici 3 agents la journée et la nuit) suppose déjà 14,2 ETP et 0,85 M€ de fonctionnement annuel, tandis qu’un scénario renforcé monte à 20,7 ETP et 1,23 M€ par an, avec 0,8 à 6 M€ d’investissement selon l’immobilier et les équipements. Comme l’organisation actuelle est évaluée à 0,36 M€ par an, on peut en déduire, par différence, que la logique REV représente déjà environ +0,49 à +0,87 M€ par an avant même de chiffrer le maître-chien, la camionnette, l’antenne dédiée et les surcoûts de maintenance. Et ce sous des contraintes RH lourdes : 1 607 heures annuelles, 25 heures supplémentaires mensuelles en plafond usuel, cycles à organiser proprement, et 120 jours de formation initiale pour les agents.

Sur la vidéoprotection, leur page mélange là encore le possible, le déjà-fait et l’exagéré. Le CSU est déjà en place ou en cours d’achèvement côté municipal, avec lecture de plaques en déploiement aux entrées et sorties et vidéoverbalisation possible depuis 2025. En revanche, écrire “installation de caméras dans les zones sensibles (écoles, collège, lycée)” sans autre précision est juridiquement trop vague : la CNIL rappelle que des caméras peuvent viser les accès et les espaces de circulation, mais qu’il est exclu, sauf cas exceptionnels, de filmer en continu les lieux de vie comme cour de récréation, salle de classe, cantine ou vestiaires pendant les heures d’ouverture. De même, la vidéoverbalisation existe bien, mais elle est limitée à certaines infractions de circulation et aux dépôts sauvages ; un haut-parleur ne crée pas, par lui-même, un pouvoir général de “verbaliser à distance” sur tout et n’importe quoi.

Leur axe sur l’éclairage public est également présenté de manière trop catégorique. Dire que “toutes les études statistiques démontrent une réduction de la délinquance ou des vols avec un éclairage de nuit” est faux tel quel : les travaux du NIHR trouvent peu d’éléments montrant des effets négatifs du part-night lighting sur la criminalité ou les collisions, et une étude citée par le NIHR suggère même qu’une extinction entre minuit et 6h peut réduire certains vols dans les véhicules. En plus, sur le territoire de SQY, l’éclairage public relève largement d’une logique intercommunale, et la conversion LED est déjà engagée depuis plusieurs années, avec gradation nocturne et stratégies d’éclairage adaptées aux usages et à la biodiversité. SQY a aujourd’hui porté la coupure de lumière uniquement de 1h30 à 4h du matin. Rétablir partout un éclairage permanent n’est donc pas une évidence scientifique ; c’est un choix politique qui augmente mécaniquement les consommations et la maintenance. Nous vous invitons à lire l’article de l’AFP : https://factuel.afp.com/doc.afp.com.94A679E

L’axe “feux tricolores intelligents” est sans doute le plus fragile techniquement. Leur texte décrit un système où “le feu passe au rouge si la vitesse à l’approche est supérieure à la vitesse autorisée”. Or le Cerema rappelle qu’en droit positif, seuls les feux R22 de type vert-récompense sont autorisés dans ce cadre : le feu est au rouge au repos et passe au vert pour les véhicules roulant à la bonne vitesse. La stratégie inverse, dite “rouge sanction”, est interdite d’emploi. En outre, ces feux ne peuvent être implantés qu’en section courante, donc hors intersection et hors passage piéton. La documentation technique rappelle aussi qu’une étude préalable est requise, qu’un arrêté de circulation est nécessaire, que le dispositif connaît un respect moyen, des dysfonctionnements fréquents et des effets parfois contre-productifs près des traversées piétonnes. Et contrairement à ce qu’écrit l’opposition, le coût n’est pas “très faible” : l’État parle plutôt de 20 000 à 40 000 € par feu, plus vérification périodique et maintenance spécialisée.

Le passage piéton “en trompe-l’œil” n’est pas davantage une solution sérieuse à ce stade. Le Cerema a conclu que l’effet sur les vitesses était très limité, avec retour à la situation antérieure après quelques mois, un coût 5 à 10 fois supérieur à un passage piéton classique, un entretien beaucoup plus exigeant, et a recommandé de ne pas intégrer ce dispositif à la réglementation française. Là encore, on est face à une mesure très visuelle, médiatiquement “parlante”, mais faible au regard des standards français d’efficacité et de maintenance.

Sur les clôtures, la proposition de REV n’apporte en réalité rien de révolutionnaire à l’échelle municipale. Tout propriétaire a déjà le droit de clôturer son terrain, sous réserve des règles d’urbanisme applicables et, le cas échéant, d’une déclaration préalable. Présenter cela comme une innovation municipale majeure est donc trompeur. Surtout, cela ne “sécurise” pas une voiture garée sur la voie publique : on ne clôture pas le domaine public par simple volonté politique.

Enfin, leur axe 10 sur les fermetures de quartiers par barrières cumule les simplifications. Leur page évoque barrières escamotables, badges RFID, digicodes, ouverture aux secours, lecture automatique des plaques et financement étatique à 50 %. Or fermer des entrées de quartiers sur voirie publique n’est jamais une simple affaire de matériel : il faut traiter la circulation, les secours, la collecte, l’accès 24/7 aux réseaux, la maintenance, les badges, l’interphonie, les servitudes et parfois, selon la configuration, la question du statut même de la voie. Le cadre SQY rappelle d’ailleurs explicitement que ses réseaux d’éclairage, d’eau, d’assainissement et de défense incendie peuvent traverser du privé et nécessitent un accès permanent pour leur entretien. Sur la LAPI, la situation n’est pas binaire : la CNIL rappelle qu’il existe des usages autorisés, mais dans un cadre très encadré ; en parallèle, la CNIL a aussi rappelé que certaines formes de verbalisation automatisée par photographie de plaques restent interdites pour les communes en l’état du droit applicable à ces usages. Quant au financement annoncé, il n’est pas démontré par leur page, « Installation 80 000 €. Financement 50% par l’État (Plan d’Action Départemental de Restauration de la Sécurité au Quotidien, lancé en 2025 par le ministère de l’Intérieur). » Il y a une confusion, car le PADRSQ ne finance pas de projet, mais donne des moyens au préfet. Par contre il aurtait été judicieux de proposer de passer le par d’autres systèmes du FIPD 2026 des Yvelines mentionne des programmes sur la sécurisation des établissements scolaires, la vidéoprotection et les équipements de police municipale, mais cela ne vaut pas preuve qu’un système de barrières de quartiers tel que décrit serait financé à 50 % dans les conditions annoncées.

En somme, leur page “Sécurité” ne décrit pas un petit plan de tranquillité publique ; elle décrit un paquet hétérogène mêlant compétences de l’État, actions communales, sujets intercommunaux, responsabilités privées et gadgets coûteux. Si on la prend au sérieux, le seul volet police municipale fait déjà basculer la commune dans un autre monde budgétaire, avec plusieurs centaines de milliers d’euros de charges supplémentaires par an et des investissements potentiellement lourds. Tout ce qui s’ajoute ensuite — caméras supplémentaires, bornes d’appel, éclairage permanent, feux asservis, barrières, badges, maintenance, LAPI, voirie de sécurité — vient encore alourdir la facture. Ce n’est pas un programme “simple et bon sens” ; c’est un programme cher, juridiquement composite, et souvent présenté de manière plus spectaculaire que rigoureuse.

Méthode et calculs pour la police municipale

Pour la police municipale, le point de départ légal est simple : un agent territorial à temps plein, c’est 1 607 heures annuelles. Le plafond usuel d’heures supplémentaires est de 25 heures par mois, soit 300 heures par an, ce qui donne un plafond théorique de 1 907 heures par agent et par an pour un calcul “au plus bas” en effectifs.

À partir de là, un poste tenu en permanence 24h/24 et 7j/7 représente 8 760 heures à couvrir par an. Cela signifie qu’un seul poste permanent consomme déjà 5,45 ETP sans heures supplémentaires structurelles, ou 4,59 ETP dans l’hypothèse très tendue où l’on pousse chaque agent à 1 907 heures par an. Un poste (au val joyeux par exemple) tenu uniquement 12 heures par jour, tous les jours de l’année, représente 4 380 heures, soit 2,73 ETP sans heures supplémentaires, ou 2,30 ETP au plancher. C’est ce calcul qui vous permet de comprendre pourquoi la phrase “on ouvre un poste ici, on met une équipe là, on fait de la nuit partout” n’est pas possible.

Donc, première clarification importante : si quelqu’un parle de “passer à 6 agents en 24/7”, il faut comprendre combien cela coûte. Aujourd’hui la ville a dans son budget 6 agents au total, la capacité annuelle n’est donc que de 9 642 heures sans heures supplémentaires, ou 11 442 heures en poussant au plafond de 25 h/mois. Cela ne couvre même pas correctement 2 postes permanents 24/7 ; en réalité, cela représente seulement 1,10 poste permanent sans heures sup, ou 1,31 poste permanent avec heures sup. Pour arriver aux 6 agents 24h/24, là on change totalement d’échelle. Il faut couvrir 52 560 heures par an. Cela représente 32,7 ETP sans heures supplémentaires structurelles, ou encore 27,6 ETP au plancher très tendu avec 25 heures sup par mois et par agent. Et cela, c’est avant même d’ajouter les promesses annexes de REV. En reprenant un salaire brut à 59 707 € par agent et par an, 6 agents simultanés 24/7 représentent déjà environ 1,65 M€ par an au plancher, et plutôt 1,95 M€ par an sans dépendre structurellement des heures sup.

Maintenant, si on additionne ce que promet R.E.V. on monte encore ! Avec, en plus des 6 agents 24/7, une présence d’antenne au Val Joyeux tenue 12 h/jour par 1 agent, un poste avancé de nuit en camionnette tenu 12 h/nuit par 2 agents, et une équipe de nuit supplémentaire en binôme, on arrive à 39 ETP. Sans heures supplémentaires structurelles, on est entre 43,6 et 46,3 ETP. En ordre de grandeur budgétaire, cela donne environ 2,19 à 2,33 M€ par an au plancher, et 2,60 à 2,77 M€ par an en version plus soutenable. Par rapport à une base actuelle de 6 agents, on parle donc de +30 à +40 agents et d’environ +1,8 à +2,4 M€ de fonctionnement annuel supplémentaire. Et nous ne comptons pas ici les surcoûts immobiliers, les véhicules, l’armement, les radios, l’IT, les astreintes, ni le temps de montée en charge. Pour mémoire, la formation initiale d’un agent de police municipale dure 120 jours.

Dos d'âne, ralentisseurs trapézoidaux, cassis, coussins berlinois, un sujet de voirie que R.E.V décide de traiter dans sa section sécurité

Sur les cassis, la proposition de l’opposition est techniquement faible. Le décret de 1994 encadre les ralentisseurs de type dos d’âne et trapézoïdal. Il précise notamment que les trapézoïdaux comportent obligatoirement des passages piétons, alors qu’il est interdit d’implanter un passage piéton sur un dos d’âne. Donc, déjà, quand REV met dans la même phrase “dos d’âne ou trapézoïdale”, on voit qu’ils ne manipulent pas proprement les catégories réglementaires.

Le coussin berlinois, lui, n’est pas un trapézoïdal. Le Cerema le définit comme une surélévation partielle qui, à la différence des plateaux et ralentisseurs pleine largeur, ne couvre qu’une partie de la chaussée ; il précise aussi que le coussin est un dispositif non réglementé et non normé, relevant de recommandations techniques. Donc confondre coussin berlinois, dos d’âne et trapézoïdal, c’est confondre trois familles différentes. Le trapézoïdal est pleine largeur et très encadré ; le dos d’âne est pleine largeur aussi, sans passage piéton ; le coussin n’occupe qu’une partie de la chaussée.

Quant au cassis, le guide départemental de l’Oise rappelle trois points très gênants : le creux est mal visible, il n’existe pas de marquage de position approprié, et ce type d’aménagement est mal supporté par les transports en commun, les ambulances et les deux-roues. Autrement dit, remplacer “tous les dos d’âne” par des cassis n’est pas une modernisation élégante ; c’est potentiellement substituer à un problème juridique un autre problème d’exploitation, de sécurité et d’entretien.

Sur le coût, nous resterons transparent : n’avons pas sous la main de bordereau de prix local propre à Villepreux pour un “cassis” type, donc nous n’allons pas inventer un faux devis. La bonne façon de présenter le sujet est de dire qu’un cassis “propre” n’est pas un équipement catalogue mais un petit chantier de génie civil, parce qu’il faut retravailler le profil de chaussée, vérifier l’écoulement des eaux, la signalisation, les effets sur les secours, les bus et les deux-roues. En hypothèse prudente de débat, nous pouvons retenir 10 000 à 30 000 € par point. Cela signifie que si la commune avait 10 dispositifs à remplacer, on serait autour de 100 000 à 300 000 € ; à 20 dispositifs, 200 000 à 600 000 € ; à 30 dispositifs, 300 000 à 900 000 €. Donc oui, “remplacer tous les dos d’âne par des cassis” peut très vite devenir un poste à plusieurs centaines de milliers d’euros, voire proche du million si l’inventaire est important.

Fermeture d'un quartier (Hauts-du-Moulin)

Sur la fermeture des Hauts du Moulin, il faut être précis juridiquement. Si l’on veut fermer un quartier aujourd’hui ouvert sur de la voirie publique, on ne passe pas d’un coup de baguette magique de “voie publique” à “zone privée”. Un bien du domaine public doit d’abord être désaffecté puis déclassé pour sortir du domaine public ; pour les voies communales, le classement et le déclassement relèvent du conseil municipal. Ensuite seulement, il peut y avoir cession ou transfert. Et lorsque des parcelles issues du domaine public routier sont cédées, les propriétaires riverains disposent d’un droit de priorité pour l’acquisition des parcelles au droit de leur propriété.

Ce ne serait pas forcément une “copropriété” au sens strict. Le véhicule juridique peut être une copropriété, mais plus souvent, pour des voies et espaces communs, on est plutôt sur une association syndicale libre, une indivision organisée, ou un autre montage collectif. Le formulaire officiel d’urbanisme le dit très clairement : lorsqu’il existe des voies et espaces communs privés, ils doivent être gérés soit par une association syndicale des propriétaires, soit par une copropriété, sauf remise à la commune. Donc les habitants devraient collectivement reprendre et gérer le foncier et les équipements communs.

Et cela n’efface pas les contraintes réseaux. Le document SQY sur la prise en gestion des réseaux prévoit expressément des conventions imposant l’accès 24h/24 et 7j/7 pour l’entretien des ouvrages, sans contrôle d’accès. Le règlement d’assainissement rappelle lui aussi que l’accès permanent doit être garanti pour entretenir ou réparer les réseaux. Donc même en cas de privatisation partielle de la voirie, on ne “ferme” pas un quartier comme on ferme une résidence privée simple : il faut préserver les accès secours, collecte, maintenance, réseaux, servitudes, et la gestion devient immédiatement plus lourde.

En terme de chiffrage donc, pour les Hauts du Moulin, 4 accès véhicule donnent déjà une fourchette de 91 000 à 240 000 € HT rien que pour les points physiques de fermeture. Et ce calcul ne comprend pas encore la centralisation des accès, l’interphonie, la gestion des badges, la signalisation, les éventuelles reprises de bordures et d’îlots, les études, le géomètre, le notaire, ni la maintenance. Or la maintenance seule n’est pas anecdotique : des contrats publics récents montrent 2 300 € HT/an ou 2 900 € HT/an pour l’entretien de flottes communales de barrières levantes et bornes escamotables. Donc le “80 000 €” avancé par REV n’est crédible, au mieux, que comme un minimum très incomplet sur un nombre limité de points, certainement pas comme un budget global sincère de fermeture de quartier.

leur dispositif n’est pas une fermeture de quartier ; c’est au mieux un filtrage des accès automobiles. Dans leur propre rédaction, ils parlent de barrières aux entrées, de barrières escamotables automatiques, de lecture de plaques, de badges RFID, de digicode pour invités et livreurs. Tout cela décrit un contrôle des véhicules, pas une fermeture physique complète du quartier aux intrusions extérieures. Si les cheminements piétons, cycles ou deux-roues légers restent ouverts, un individu mal intentionné peut toujours entrer à pied, repérer, agir et ressortir sans être empêché par le dispositif. Dans ces conditions, leur promesse de diviser fortement les cambriolages est très exagérée : ce qu’ils décrivent peut éventuellement limiter du transit automobile ou certains vols commis avec fuite immédiate en voiture, mais cela ne constitue pas une véritable mise en sécurité périmétrique.

Et surtout, ce n’est pas le dispositif documenté par la littérature la plus favorable à l’accès contrôlé. Le College of Policing met en avant les alley gates, c’est-à-dire des portails verrouillables empêchant l’accès des non-résidents à des passages arrière, avec une réduction moyenne de 43 % des cambriolages dans les études citées ; autrement dit, l’effet documenté porte sur une restriction réelle d’accès aux cheminements utiles aux cambrioleurs, pas sur une simple barrière automobile à l’entrée d’un quartier. De plus, la littérature de prévention rappelle que les effets des fermetures de rues dépendent énormément du contexte local, qu’elles ne remplacent jamais un diagnostic précis, et qu’il faut traiter les effets sur les secours, les livraisons, les déchets et les accès quotidiens.

Ce que REV vend comme une ‘fermeture de quartier’ ressemble surtout à un contrôle d’accès voiture. Si les piétons restent libres d’entrer et sortir, on ne bloque pas les cambrioleurs : on bloque surtout les riverains, les services et la vie quotidienne, tout en survendant un effet sécuritaire qui n’est pas démontré.

Commerces

Le texte de l’opposition force le trait lorsqu’il parle de “faillite record des commerçants et entreprises locaux” et d’un “manque d’offres de service de proximité”, comme si Villepreux connaissait une situation hors norme. La réalité est bien plus nuancée, et surtout bien plus dynamique que ce qui est raconté. Plusieurs exemples récents montrent que la ville continue d’attirer et d’accompagner des implantations ou des reprises : la communication municipale annonce l’installation prochaine de La Poste dans l’ancien local du restaurant chinois en centre-ville ; le magazine municipal met aussi en avant l’arrivée d’un nouveau foodtruck place Riboud, ainsi que la reprise de la boutique florale de la Pointe à l’Ange. Autrement dit, il y a des mouvements, des transmissions, des reprises, parfois des liquidations comme partout en France, mais certainement pas l’image d’un tissu commercial abandonné ou condamné.

À cela s’ajoute un indicateur utile : selon notre relevé local, en retraitant les cellules à rideau baissé mais ayant déjà trouvé un repreneur, ainsi que deux cellules qui ne relèvent plus d’une vocation commerciale du fait même de la volonté des propriétaires des murs, on aboutit à un taux de vacance commerciale d’environ 10,2 % à Villepreux. C’est donc un niveau très proche de la moyenne départementale et légèrement inférieur à la moyenne nationale. Les Yvelines sont autour de 11,1 %, SQY est mieux placé en étant autour de 9,6 %, grace à un effet mécanique lié au poids de grands centres commerciaux très dynamiques, et la moyenne nationale autour de 11,6 %. Autrement dit, même en restant prudent, Villepreux n’apparaît pas comme une anomalie commerciale négative ; on est peu ou prou dans la moyenne départementale et nationale, voire légèrement mieux.

Oui, le commerce de proximité est fragile partout, sous l’effet des changements d’habitudes de consommation, de la concurrence des zones commerciales, du e-commerce et des équilibres économiques devenus plus difficiles. Mais non, Villepreux n’est pas dans une situation “affligeante” au sens où le prétend REV. Au contraire, la commune continue de jouer un rôle utile de facilitateur entre propriétaires, porteurs de projet et futurs exploitants.

Sur la formule de REV visant à “réorienter les dépenses politiques vers la consommation locale”, nous nous devons d’être beaucoup plus rigoureux qu’eux. D’abord, l’expression elle-même est floue : une commune n’a pas à orienter des “dépenses politiques”, mais des achats publics, des prestations et des marchés dans le respect du droit. Ensuite, une ville ne peut pas réserver ses achats aux commerçants de son territoire simplement parce qu’ils sont locaux : le code de la commande publique impose la liberté d’accès, l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures. En revanche, une municipalité peut agir intelligemment et légalement en travaillant son besoin, en allotissant, en sourçant mieux le marché, en intégrant des critères environnementaux ou des modalités d’exécution pertinentes, et en facilitant ainsi l’accès des TPE-PME à la commande publique sans rompre la concurrence. C’est cela, la vraie responsabilité publique ; pas un slogan juridiquement vide.

D’ailleurs c’est ce que nous faisons déjà. Le rapport développement durable de Villepreux met en avant le 100 % fait maison en restauration municipale, 60 % d’ingrédients bio, la valorisation de l’agriculture locale, une brochure annuelle consacrée aux agriculteurs et circuits courts, ainsi qu’un marché annuel des producteurs locaux. Cela permet de montrer une différence importante : là où REV fait des promesses générales, la majorité en place peut déjà citer des leviers opérationnels et des actions existantes.

Sur le pouvoir d’achat des familles, la formule de REV sur un prétendu “matraquage” est elle aussi excessive. La ville n’a pas renversé sa politique tarifaire contre les familles ; elle a ajusté certains tarifs dans un contexte inflationniste général, tout en maintenant un service de qualité. Parler de “matraquage” alors qu’on sert du fait maison, avec une part importante de bio et de produits locaux, relève davantage du slogan politique que d’une réelle analyse que prétend avoir fait l’opposition.

Marché au Village

La proposition de REV de “reconstruire un jour de marché au village” n’est pas absurde par principe, mais elle est présentée comme beaucoup plus simple qu’elle ne l’est réellement. Leur propre page évoque un marché en rue des Orfèvres sur une demi-journée, le jeudi matin ou le dimanche matin, avec des forains “favorables” au projet, et une gestion par les agents de la ville pour “optimiser les coûts”. Or un marché n’est pas un simple alignement d’étals : c’est une occupation du domaine public qui suppose des autorisations, un règlement, des droits de place, une organisation logistique, de la signalisation, de la sécurité, de la propreté, de l’alimentation électrique selon les activités, de la gestion des déchets et surtout une solution crédible pour le stationnement des riverains et des commerçants non sédentaires. Le service-public rappelle d’ailleurs qu’un commerçant sur marché ou sur l’espace public doit disposer d’une autorisation d’occupation temporaire et s’acquitter d’une redevance. REV présente donc comme une évidence ce qui est en réalité un petit système d’exploitation à organiser sérieusement.

Le deuxième problème est urbain et pratique. Dans un quartier ancien où le stationnement est déjà structurellement contraint, retirer régulièrement des places pour installer un marché crée une gêne immédiate pour les habitants. Et cette gêne n’est pas théorique : elle se répète chaque semaine, avec des horaires d’interdiction, des déplacements de véhicules, des reports sur les rues voisines et des besoins supplémentaires pour les forains eux-mêmes. Là encore, REV ne chiffre rien, ne localise pas précisément les compensations de stationnement, et ne dit rien de la logistique réelle. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est certainement pas la mesure légère et “évidente” qu’ils vendent.

Le troisième problème est commercial. Un marché supplémentaire n’est utile que s’il attire une offre réellement complémentaire, avec un jour, un horaire et une clientèle qui ne fragilisent pas l’équilibre existant ailleurs dans la ville. Sinon, on ne crée pas de la vitalité ; on la disperse. Avant de promettre un marché au village, il faut démontrer qu’il existe une offre foraine disponible, un équilibre économique viable, une logistique de stationnement acceptable et une articulation cohérente avec les autres polarités commerciales de la commune. En l’état, REV saute directement à la photo de simulation sans démontrer la faisabilité d’exploitation.

Enfin, le rachat d’actifs déjà vendus, ou l’installation par la ville de distributeurs relevant d’activités privées, ne correspond pas à la vocation normale d’une commune. Une municipalité peut faciliter, mettre en relation, soutenir la visibilité, travailler l’attractivité de l’espace public, accompagner les porteurs de projet ou agir sur le cadre commercial ; elle n’a pas vocation à se substituer durablement aux commerçants ni à devenir exploitant privé déguisé.

En l’état, REV décrit une intention, pas un projet abouti.

Santé

La proposition de REV est la suivante : créer à Villepreux un “centre médical d’urgences” de 600 m², avec deux salles d’examen, une salle de sutures et plâtres, une salle de soins infirmiers, une salle de déchoquage, une radiologie, quatre lits d’observation, une amplitude 8h30–23h et, à terme, une ouverture 24h/24. C’est précisément parce que leur projet est présenté comme une solution municipale simple, rapide et modulaire qu’il faut le regarder avec rigueur. Le cœur du problème est simple : avec un tel programme, on n’est plus dans un simple centre de proximité. On entre dans le champ de la médecine d’urgence organisée et autorisée. En Île-de-France, le PRS 2025 rappelle que les structures des urgences et les antennes de médecine d’urgence sont soumises à autorisation ; le cadre national impose des locaux spécifiques, un accès à l’imagerie et à la biologie, une organisation avec une structure d’urgences H24, une équipe médicale commune, et pour les antennes un SMUR sur site ou accessible en moins de 30 minutes. Le même document précise même qu’en avril 2025 il n’existait encore aucune antenne de médecine d’urgence en Île-de-France et que de telles créations ne peuvent intervenir que par recomposition d’une offre d’urgences existante. Présenter cela comme un projet communal “modulaire”, rapide et simple est donc trompeur : ce n’est pas une maison de santé renforcée, c’est un projet de nature quasi hospitalière, lourd en autorisations, en conventions et en plateau technique.

Le mot “désert médical” est lui aussi utilisé de façon excessive. Le zonage ARS classe Villepreux en zone d’action complémentaire, pas en zone d’intervention prioritaire ni en zone renforcée : cela signale des tensions d’accès aux soins, mais pas la catégorie la plus critique du zonage francilien. Des professionnels sont déjà référencés à Villepreux sur les outils publics, et l’accueil des urgences du Centre hospitalier de Versailles fonctionne 24h/24. Surtout, pour les cas graves mis en avant par REV, la doctrine officielle est exactement inverse de leur mise en scène locale : pour un AVC ou un infarctus, il faut appeler immédiatement le 15 afin d’entrer sans délai dans la bonne filière spécialisée. Vendre quatre lits d’observation “de jour” comme réponse municipale à l’AVC ou à l’infarctus brouille donc la réalité de la prise en charge et peut entretenir de faux réflexes.

Le financement et le foncier sont racontés avec la même légèreté. Une “concession” communale avec 20 à 30 ans de franchise de loyer n’a rien d’automatique, notamment si le terrain relève du domaine public, puisque son occupation donne en principe lieu au paiement d’une redevance. Et lorsqu’ils expliquent réserver le reste du terrain à l’extension du collège et à un gymnase scolaire, ils oublient qu’un collège relève d’abord du Département, qui est compétent pour sa construction, son extension et son équipement. Même certains partenariats locaux sont décrits approximativement : leur texte cite un laboratoire “Bio Paris Ouest déjà présent à Villepreux”, alors que l’offre référencée localement comprend notamment Cerballiance. Ce genre de détail n’est pas anodin : quand on se trompe déjà sur l’écosystème local, cela fragilise la crédibilité d’un projet aussi lourd.

Il faut ajouter un point essentiel sur le terrain censé accueillir ce projet : il n’est pas libre. Des engagements ont déjà été pris depuis 2019 sur ce secteur. Dans ses vœux 2025, le maire rappelle que le projet de logements rue de la Pépinière, porté par ADI sur les friches de l’ancien gymnase du collège, a été initié en 2019, qu’il a fait l’objet d’un recours, et qu’un premier jugement a écarté les griefs invoqués contre l’opération. Le même discours indique aussi que ce recours prive la commune d’une recette de 3 millions d’euros depuis trois ans et retarde des logements attendus. En clair : REV présente comme support disponible d’un futur centre médical un terrain déjà engagé dans une autre opération, déjà contentieuse, et que la commune considère comme destiné à un projet de logements porté par ADI.

Enfin, le coût réel est manifestement sous-estimé. Des comparables publics montrent déjà qu’une maison médicale à Plaisir est budgétée autour de 3,6 M€ tous coûts confondus. Or REV annonce ici 600 m² sur deux niveaux, avec radiologie, salle de déchoquage, salles de soins, lits d’observation, accès ambulance et fonctionnement étendu. Dire qu’on parle de plusieurs millions d’euros avant même le fonctionnement n’aura donc rien d’excessif ; c’est au contraire encore une fois l’hypothèse prudente que notre équipe évalue au regard de la proposition gargantuesque annoncée. La piste crédible pour une commune n’est pas de promettre un mini-service d’urgences, mais de faciliter l’installation de médecins et paramédicaux, améliorer la visibilité des professionnels déjà présents, soutenir les soins non programmés de ville, mettre en place un psychologue communal et publier un annuaire santé utile. Ce sont des leviers municipaux réalistes ; leur “centre médical d’urgences”, non.

REV présente comme une nouveauté ce qui existe déjà. À Villepreux, les suites de soins sont déjà assurées par les infirmiers libéraux, les kinésithérapeutes et les officines de la commune, avec des prises en charge en cabinet ou à domicile. Le sujet n’est donc pas d’inventer artificiellement une continuité de soins, mais de renforcer l’attractivité et la coordination de l’offre existante. De la même façon, la ville n’a pas le pouvoir d’imposer à une pharmacie un fonctionnement quasi exclusif autour d’un centre municipal : la permanence pharmaceutique est déjà organisée dans un cadre régional, et chaque patient conserve le libre choix de son pharmacien. Là encore, REV vend comme solution municipale ce qui relève en réalité de professionnels déjà en place, du droit de la santé et d’une organisation qui dépasse la commune.

Culture

Le texte de REV est ici doublement trompeur : il parle d’“absence de programmation culturelle” et d’un théâtre “après des années de fermeture”, alors même que la ville publie une programmation culturelle officielle et remet le théâtre en service de façon croissante. La page Culture de la mairie renvoie explicitement vers un livret programme culture 2026, et les livrets 2025 puis 2026 montrent une offre structurée, annoncée à l’avance, avec billetterie en ligne, conférences, théâtre, patrimoine, humour, impro et spectacles musicaux. En 2026, le programme mentionne notamment, au Théâtre de Villepreux, le concert de l’orchestre départemental des sapeurs-pompiers, Le Petit Prince, la clôture du festival d’improvisation, une soirée Paris Comedy Club, Les Fâcheux de Molière, les Journées du patrimoine et une grande comédie musicale en septembre ; le document précise aussi que, tout au long de mai et juin, le théâtre accueille écoles, collège et associations locales. En 2025, la saison culturelle municipale annonçait déjà des rendez-vous au théâtre jusqu’en septembre. Autrement dit, on peut discuter du niveau d’ambition ou de l’ampleur souhaitable de l’offre ; on ne peut pas sérieusement parler d’“absence de programmation culturelle”. REV attaque donc ici une réalité qui n’existe plus.

Le même procédé vaut pour le théâtre. REV laisse entendre que l’équipement serait ignoré, sous-utilisé, voire menacé. Les documents publics disent l’inverse : la ville met en avant la reprise de la saison théâtrale, et le V-Mag 2025 annonce explicitement le retour d’une programmation de théâtre classique, d’humour, de stand-up et d’improvisation, avec en plus l’ouverture à Villepreux du festival départemental Yvelines Théâtre. Là encore, la critique de REV est datée : elle semble viser une situation ancienne, alors que les supports municipaux 2025 et 2026 montrent une montée en charge déjà engagée. Ils continuent de raisonner comme si le théâtre était encore “fermé”, alors que la commune a précisément choisi de le rouvrir progressivement et d’élargir l’offre sur les périodes soutenables.

Là où il faut être très clair politiquement, c’est sur l’ouverture du théâtre “toute l’année”. Cette promesse de REV sonne bien, mais elle ne vaut rien sans regard sur les contraintes techniques et budgétaires du site. Selon nos éléments de gestion, le système de chauffage a été retiré depuis des années parce qu’il était énergétiquement aberrant et financièrement très coûteux ; c’est précisément pour cela que la commune concentre les représentations dans les périodes où le chauffage n’est pas nécessaire, tout en maintenant une offre culturelle hivernale dans d’autres lieux municipaux. Cet arbitrage peut se discuter, mais il a au moins le mérite d’être responsable : il assume un équilibre entre ambition culturelle et sobriété budgétaire. REV, à l’inverse, promet davantage sans dire comment chauffer, entretenir, exploiter et financer durablement le lieu.

Leur proposition de cinéma mensuel, voire d’“expérience immersive 3D”, relève du même travers : elle donne à croire qu’il suffirait d’installer du matériel. En réalité, la diffusion publique de films est encadrée. Le CNC rappelle que les séances non commerciales obéissent à des règles spécifiques, que les ciné-clubs sont soumis à un cadre propre, et qu’exploiter un véritable établissement cinématographique suppose une autorisation et le respect de normes qualitatives et dimensionnelles. Autrement dit, un projet cinéma municipal ne se réduit jamais à “un écran et un projecteur”, et l’idée d’un équipement 3D paraît clairement surdimensionnée à l’échelle de Villepreux, surtout quand REV ne dit rien des coûts d’équipement, de maintenance, de droits de diffusion et d’exploitation. L’analyse de notre équipe est solide : l’idée d’une offre cinéma peut exister dans un spectre raisonnable, mais la promesse telle qu’elle est formulée ressemble davantage à un catalogue qu’à un projet calibré.

Le passage sur la fresque montre aussi une méconnaissance du sujet culturel local. Il ne s’agit pas d’une “fresque de Pablo Neruda” au sens d’une œuvre de Neruda lui-même. Ce type d’erreur peut paraître anecdotique, mais il est révélateur : quand on prétend “refonder” une politique culturelle, encore faut-il connaître les œuvres, les équipements et les références que l’on invoque. Là encore, la priorité budgétaire peut légitimement être discutée : embellir une façade est une option ; améliorer le confort intérieur et l’exploitation du théâtre peut en être une autre, plus utile à court terme.

Sur les “animations culturelles et sociales”, REV empile enfin des promesses vagues qui donnent surtout l’impression qu’ils connaissent mal l’existant. Nous remarquons que beaucoup de choses citées sont déjà en place, les lotos, thés dansants, visites etc., Ainsi nous remarquons une constante de leur méthode : ils présentent comme absente une offre qui existe déjà. Le cas de l’association évoquée sous son ancien nom est particulièrement parlant : cela donne le sentiment qu’ils parlent d’un tissu associatif qu’ils regardent de loin, sans vraiment suivre sa vie réelle.

Jumelage avec Fulpmes

Sur le jumelage, REV construit un faux procès. Leur page affirme que Fulpmes aurait été “négligée pendant six ans” et oppose ce jumelage historique au partenariat plus récent avec Azour. Or la ville continue d’afficher publiquement le jumelage avec Fulpmes sur son site, rappelle que la charte a été signée en 1967, et précise que depuis plus de 50 ans, le Comité de jumelage organise des échanges. Ce comité existe toujours comme association référencée par la commune, avec un objet clair : favoriser les échanges culturels et sportifs avec Fulpmes, surtout pour les jeunes. En parallèle, le V-Mag 2025 mentionne bien la naissance d’un partenariat avec Azour au Liban durant la Semaine de la citoyenneté. Les faits sont donc simples : il y a un jumelage historique maintenu avec Fulpmes, et une coopération nouvelle avec Azour. Présenter cela comme un choix exclusif, ou comme si l’un effaçait l’autre, est factuellement faux.

Il faut aussi dire la vérité sur la situation actuelle : depuis le changement d’équipe municipale et de maire à Fulpmes, la commune autrichienne ne souhaite plus, à ce stade, s’engager avec Villepreux comme auparavant. Toutes les tentatives de relance du jumelage engagées par le maire de Villepreux et par le comité de jumelage sont malheureusement restées sans réponse. Autrement dit, si le lien historique existe toujours et si la commune de Villepreux n’a pas renoncé à ce jumelage, la difficulté actuelle ne vient pas d’un abandon unilatéral de Villepreux, mais aussi d’une absence de volonté réciproque du côté autrichien. Là encore, REV transforme une situation diplomatique et associative plus complexe en récit politique simpliste.

Et il faut aller plus loin : la formulation même de REV sur Fulpmes est maladroite. Dire qu’il faudrait se recentrer sur une ville partageant une “culture occidentale commune” n’apporte rien de concret à une politique de jumelage ; cela sonne davantage comme un marqueur idéologique que comme un projet municipal. Un jumelage ou une coopération internationale se juge à son intérêt pour les habitants, aux échanges réels, aux projets éducatifs, sportifs, culturels ou citoyens qu’il permet. Là-dessus, la ligne sérieuse consiste non pas à opposer artificiellement Fulpmes et Azour, mais à faire vivre utilement les coopérations existantes, selon les moyens de la commune, les associations mobilisées et les projets concrets.

Petite enfance

Le premier problème que nous avons rencontré dans le programme de REV, c’est qu’il donne l’impression d’un abandon communal, alors que la ville dispose déjà d’un Relais Petite Enfance très structuré. La page officielle de Villepreux précise que le RPE informe les parents sur les modes d’accueil, fournit la liste des assistants maternels agréés de la commune, les oriente dans leurs démarches et leurs droits, accompagne leurs questions autour de l’enfant, et propose aux assistants maternels un accompagnement à la professionnalisation, des conférences thématiques et des temps collectifs avec les enfants accueillis. Le RPE dispose même déjà d’horaires identifiés, du lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h30 à 17h30 en période scolaire. Donc quand REV promet de “soutenir et développer le RPE”, il faut le dire clairement : le RPE existe déjà, il fonctionne déjà, et il assure déjà précisément une partie des missions qu’ils présentent comme un tournant.

Le deuxième problème est que la commune n’est pas “absente” de ce sujet ; au contraire, elle a déjà anticipé la réforme nationale. Depuis le 1er janvier 2025, les communes sont devenues autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant. À ce titre, elles doivent notamment recenser les besoins, informer et accompagner les familles ; les communes de plus de 3 500 habitants doivent aussi planifier le développement des modes d’accueil et soutenir leur qualité. Dans ses vœux 2025, le maire rappelle que Villepreux a anticipé ce changement, affirme disposer d’un taux d’accueil des moins de 3 ans supérieur à la moyenne de l’agglomération, du département et de la moyenne nationale, et annonce le lancement des Assises de la Petite Enfance et de la Parentalité avec les professionnels et les parents pour construire un plan d’action de long terme. Là encore, REV ne part pas d’un vide ; ils effacent d’abord une politique existante pour mieux annoncer ensuite une “reconstruction”.

Le troisième problème est que plusieurs de leurs mesures sont soit des doublons, soit des reformulations d’outils déjà en place. Leur “conseil des assistantes maternelles” ressemble beaucoup à une version rebaptisée de ce que le RPE fait déjà, puisqu’il constitue déjà un lieu d’échanges, de rencontres, de professionnalisation et de conférences thématiques pour les assistants maternels et auxiliaires parentaux. Leur discours sur l’équité entre les modes de garde oublie aussi que la ville a déjà une commission d’attribution des places en crèche, avec des critères de disponibilité, d’âge de l’enfant, d’urgence et de mixité sociale. En d’autres termes, il y a déjà une gouvernance locale de la petite enfance ; REV en ajoute surtout une couche de vocabulaire.

Le point le plus fragile est probablement leur Aide municipale à l’emploi d’une assistante maternelle (AMEAM). Sur le principe, une commune peut toujours décider d’aider financièrement les familles. Mais leur page ne chiffre rien sérieusement et choisit en plus un dispositif sans condition de ressources, tout en annonçant jusqu’à 150 € par mois pour un enfant de moins de 3 ans et 100 € par mois entre 3 et 6 ans. Or, par simple calcul, cela devient vite une dépense non négligeable : si 20 familles perçoivent l’aide maximale de 150 € pendant un an, cela représente déjà 36 000 € par an ; pour 30 familles, 54 000 € ; pour 40 familles, 72 000 €. Et cela sans compter les enfants de 3 à 6 ans, les renouvellements, les coûts administratifs de gestion, ni l’effet d’appel du dispositif. C’est donc une promesse qui peut paraître modeste à l’échelle d’une famille, mais qui devient rapidement un poste budgétaire réel à l’échelle communale. Cette estimation est une inférence directe à partir de leur propre barème.

Leur “mise à disposition de matériel éducatif” souffre du même problème. REV évoque une enveloppe de 500 € par an et par assistante maternelle. Rapporté aux “environ 40 professionnelles” qu’ils citent eux-mêmes sur la commune, cela représente déjà un ordre de grandeur de 20 000 € par an si toutes en bénéficiaient. Là encore, l’idée est présentée comme bienveillante et simple, mais elle n’est ni chiffrée globalement, ni hiérarchisée, ni comparée à ce que fait déjà le RPE en matière d’animation, de professionnalisation et de mutualisation. C’est typiquement une promesse qui paraît légère en lecture rapide et qui devient tout de suite plus lourde dès qu’on fait le calcul.

Leur proposition de “numéro vert direct pour les urgences” accessible 24h/24 est encore plus faible. En cas d’urgence, les numéros de référence existent déjà : 15 pour le SAMU, 18 pour les pompiers, 112 pour l’urgence européenne. Ajouter un numéro municipal “vert” dédié aux assistantes maternelles et aux parents ne crée pas une chaîne de secours plus légitime ni plus efficace ; cela risque au contraire d’ajouter une couche de confusion, d’autant plus que leur page le relie à leur hypothétique “futur centre médical d’urgence”, lui-même très contestable. Une mairie peut informer, relayer les bons numéros, former à la prévention ; elle n’a pas vocation à se substituer à une régulation d’urgence sanitaire ou à créer une quasi-plateforme de dispatch locale.

Au fond, le vrai problème de leur programme est toujours le même : il présente comme une innovation politique ce qui relève déjà de l’existant, ou du rôle communal normal, puis elle ajoute des aides financières et des services nouveaux sans chiffrage global sincère. Le sujet sérieux n’est pas de faire croire que rien n’existe ; le sujet sérieux est de dire ce qu’il faut renforcer réellement : davantage de places, davantage de soutien aux assistants maternels, des horaires mieux adaptés, des solutions pour les familles atypiques, ou une meilleure articulation entre crèche, RPE, assistants maternels et parentalité.

Pouvoir d’achat / lutte contre la pauvreté

La page REV sur la pauvreté commence d’ailleurs par reconnaître elle-même que “les leviers d’action [communaux] sont limités”. C’est exact. Le problème, c’est qu’ils présentent ensuite comme une refondation ce qui existe déjà largement à Villepreux. Le CCAS propose déjà des aides financières pour l’alimentaire, l’énergie, les frais périscolaires et le maintien dans le logement, après instruction en commission ; il propose aussi un Pass’Loisirs Jeunes et une carte cadeau de Noël sous conditions de ressources. En parallèle, la Maison des Services Publics ouverte depuis 2022 offre déjà un accompagnement administratif, numérique et juridique, avec conseiller numérique, écrivain public, CIDFF, ALEC, mission locale SQYWAY et permanences hebdomadaires des assistantes sociales du Département. Dit autrement : REV ne part pas d’un vide social.

Leur page mélange aussi des choses de nature très différente. Une allocation communale handicap sans condition de ressources, une bourse au matériel scolaire sans condition de ressources, des bons d’achat Gondi élargis, une allocation d’urgence, un référent de parcours, une action sur les loyers HLM et une priorité donnée aux habitants de Villepreux pour les emplois créés localement : tout cela ne relève ni du même budget, ni du même droit, ni des mêmes financeurs. Et certaines formulations sont franchement fragiles. Faire en sorte que les emplois générés “bénéficient prioritairement aux habitants de Villepreux” se heurte au fait que le lieu de résidence est un critère de discrimination prohibé à l’embauche, et que la commande publique reste soumise aux principes de liberté d’accès, d’égalité de traitement et de transparence. On peut travailler des clauses sociales d’insertion ; on ne peut pas transformer légalement un marché public ou un recrutement en préférence locale brute.

Le même décalage existe sur le logement. REV veut agir sur les loyers HLM via un “dialogue renforcé” lors des subventions ou garanties bancaires communales. Sauf qu’en droit, le loyer d’un logement social est calculé par le bailleur social selon des règles qui s’imposent à lui ; la commune a donc une influence politique ou partenariale, pas un pouvoir de fixation directe des loyers. Là encore, ils vendent comme levier municipal direct ce qui relève en réalité d’un cadre réglementé et de bailleurs autonomes.

“Rationalisation budgétaire”

C’est sans doute la contradiction la plus forte de tout leur bloc économique. Leur site annonce une page de “rationalisation budgétaire et optimisation des dépenses” fondée sur l’idée d’une dérive financière. Mais les chiffres municipaux publiés en 2025 racontent autre chose : 14 M€ de fonctionnement, 1,7 M€ d’épargne brute, soit 12,1 % de taux d’épargne brute, un encours de dette de 344 €/habitant en 2024 contre 799 €/habitant en moyenne pour les communes de même strate, et le plus faible ratio de dépense de personnel par habitant de l’agglomération. Les mêmes documents rappellent aussi que les taux communaux n’ont pas été augmentés, la hausse de taxe foncière venant des bases revalorisées nationalement. Cela ne veut pas dire que tout est facile ; cela veut dire que REV a une charge de la preuve élevée s’il veut démontrer une prétendue dérive locale. Or, dans les pages accessibles de son programme, il additionne au contraire des allocations, des remises, des marchés supplémentaires, des équipements nouveaux, de la sécurité 24/7, des navettes, une piscine, un centre médical, un parc de loisirs, etc. La rhétorique de “rationalisation” ne colle donc pas avec le contenu réel du programme.

Soutien économique de proximité / marchés

La page “soutien économique de proximité et des marchés” est emblématique de cette absence de sincérité budgétaire. D’un côté, REV promet une franchise de 80 % sur le tarif des places pour les entreprises qui rapatrieraient leur siège à Villepreux ; de l’autre, il affirme que cette mesure serait compensée par des recettes fiscales supplémentaires versées à SQY qui augmenteraient “mécaniquement” les subventions communales. Or leur propre texte reconnaît qu’une étude d’impact sera réalisée pour évaluer ces gains : c’est donc bien l’aveu que le mécanisme n’est ni démontré ni automatique. Et la suite de la page ajoute encore des dépenses potentielles : marché couvert en U, plantations, éclairage “raffiné”, bâches transparentes, vidéosurveillance 24/7, subventions ciblées aux commerces pour façades et auvents, nettoyage quotidien dédié, sécurisation renforcée, distributeurs automatiques pour producteurs, achat du terrain de la Poste, rachat de l’usine électrique, etc. On n’est plus dans une “optimisation” ; on est dans une liste de CAPEX et d’OPEX sans chiffrage consolidé.

Et sur le fond commercial, leur page se heurte en plus à des faits simples. La ville annonce déjà dans son magazine 2025 que La Poste s’installera en centre-ville dans l’ancien local du restaurant chinois, présentée comme un “service de proximité essentiel” et “un atout précieux pour le dynamisme du centre-ville”. REV écrit au contraire que ce transfert n’apporterait “pas de services supplémentaires”. Là encore, leur méthode consiste souvent à décrire négativement ce qui est en train d’arriver pour pouvoir ensuite vendre une alternative plus spectaculaire.

Villepreux au cœur de SQY

Sur la page SQY, le principal recadrage est institutionnel. REV écrit qu’“un autre élu que le maire sera désigné pour nous représenter et défendre nos intérêts devant SQY en tant que vice-président de SQY”. C’est une surpromesse. Oui, la commune peut choisir ses conseillers communautaires dans le cadre des municipales ; mais, ensuite, le bureau de l’EPCI est composé du président et de vice-présidents, et les vice-présidents sont élus par le conseil communautaire, pas désignés unilatéralement par une seule commune. Donc présenter cette vice-présidence comme un engagement garanti de campagne est juridiquement et politiquement excessif. Le reste de la page relève surtout de positions politiques générales — demander plus de solidarité, plus de dotations, moins de taxes — que Villepreux peut défendre, mais qu’elle ne peut évidemment pas imposer seule.

Conclusion

REV parle d’économies, mais son programme économique accessible ressemble surtout à une superposition de dépenses nouvelles, de remises tarifaires, de subventions, d’allocations et d’équipements supplémentaires. À l’inverse, les documents municipaux disponibles décrivent une situation financière sous tension, certes, mais maîtrisée, avec une épargne brute correcte, une dette faible pour la strate et une dépense de personnel contenue. La critique politique peut exister ; mais en l’état, ce sont surtout les pages REV qui donnent le sentiment d’un programme budgétairement expansif, pas d’un programme de rationalisation.

Sport – Piscine

La proposition de REV sur la piscine donne l’illusion d’un projet simple, local et “écologique”, alors qu’elle cumule en réalité quatre problèmes : elle duplique une stratégie intercommunale déjà engagée, elle sous-estime très fortement le coût d’investissement, elle minore le coût de fonctionnement, et elle présente comme acquises des aides et des modalités d’exploitation qui ne le sont pas. D’un côté, REV propose une petite piscine municipale de deux bassins, soit environ 360 m² de surface d’eau (25 x 10 m + 10 x 11 m). De l’autre, la ligne déjà portée par la majorité et par SQY est celle d’une nouvelle piscine intercommunale pour trois communes, avec au minimum 1 200 m² de surface d’eau et des services de bien-être ; le maire l’annonçait déjà en janvier 2025, et le programme 2026-2032 confirme que la commune accompagnera ce projet porté par SQY, l’actuelle piscine Allende restant ouverte pendant les travaux du nouvel équipement.

Le premier angle mort de REV, c’est donc l’investissement réel. Leur page affiche un devis Everblue à 1,9 M€, auquel ils ajoutent une couverture pour 250 000 à 350 000 €, et présentent l’ensemble comme “parfaitement finançable”. Mais il manque déjà des postes indispensables : bâtiment d’accueil / vestiaires / douches, aménagements extérieurs, maîtrise d’œuvre, études de sol, structure, fluides, thermique. En reconstituant ces postes, nous aboutissons à 3,76 M€ TTC, ce qui est bien plus crédible que l’affichage politique des 2,2 M€ TTC. Et surtout, une commune ne peut pas attribuer un équipement de plusieurs millions comme on choisit un fournisseur privé “entre trois devis”. Consulter des entreprises en amont n’est pas interdit ; en revanche, une fois la collectivité maître d’ouvrage, on entre dans le droit de la commande publique : la dispense de publicité et de mise en concurrence ne vaut que sous 100 000 € HT pour les travaux, la publicité devient obligatoire à partir de 90 000 € HT, et les seuils européens 2026 sont de 5 404 000 € HT pour les travaux et 216 000 € HT pour les services des collectivités. Concrètement, un marché de maîtrise d’œuvre chiffré à 300 000 € HT ne se traite déjà plus à la légère ; et un projet global autour de 3,1 M€ HT pour les travaux exige une vraie procédure, pas une simple mise en concurrence artisanale.

Le deuxième angle mort, encore plus important, c’est le fonctionnement annuel. C’est d’ailleurs précisément ce que rappelait le maire en janvier 2025 : le vrai problème d’une piscine n’est pas seulement le coût de construction, mais le coût durable d’énergie, de personnel et d’exploitation, au point de juger “hérétique” de promettre 3 ou 4 M€ d’investissement sans dire comment payer ensuite les surveillants, l’ouverture à l’année et les fluides. Les données nationales de l’OFGL vont exactement dans ce sens : le coût moyen de fonctionnement d’une piscine communale est de 1 073 €/m²/an, les recettes tarifaires ne couvrent en moyenne que 22 % du coût, les frais de personnel représentent 63 % des dépenses, et les coûts varient fortement selon que la piscine est saisonnière, couverte ou non. Surtout, l’OFGL montre qu’une piscine avec bassins uniquement découverts coûte en moyenne 446 €/m²/an, contre 1 496 €/m²/an pour des piscines uniquement couvertes. Appliqué aux 360 m² de REV, cela donne un ordre de grandeur d’environ 386 000 € par an en moyenne communale, et plutôt 539 000 € par an si l’on raisonne comme un équipement couvert à l’année ; après recettes, la charge nette reste de l’ordre de 300 000 à 420 000 € par an, hors amortissement, gros entretien, dette et aléas énergétiques. Autrement dit : leur projet n’est pas seulement un CAPEX de plusieurs millions, c’est aussi une charge récurrente lourde pour Villepreux. Ce point est central, et REV l’élude presque complètement.

Le troisième problème est la présentation trompeuse de l’exploitation. REV écrit que la natation serait une “discipline obligatoire jusqu’en terminale”. Ce n’est pas exact en ces termes : ce qui est obligatoire au lycée, c’est l’EPS ; la natation n’y est qu’une activité possible parmi d’autres dans les champs d’apprentissage. De même, REV explique vouloir faire fonctionner l’équipement avec des “maîtres-nageurs polyvalents titulaires” et “de nombreux volontaires associatifs”. Là encore, l’écriture est séduisante mais trompeuse : une piscine ouverte au public et d’accès payant doit être surveillée de façon constante par du personnel qualifié titulaire d’un diplôme d’État. Des bénévoles associatifs peuvent aider à faire vivre un club ou un événement ; ils ne remplacent pas juridiquement et techniquement l’obligation de surveillance qualifiée d’un établissement aquatique public payant. On ne fait pas tourner une piscine municipale ouverte toute l’année sur du volontariat.

Enfin, l’argument “écologique et écoresponsable” est lui aussi beaucoup trop léger. Une couverture télescopique et une couverture flottante peuvent évidemment réduire certaines pertes thermiques ; mais cela ne suffit pas à démontrer qu’une source de chauffage renouvelable devient inutile, comme l’écrit REV. D’ailleurs, les aides régionales qu’ils invoquent pour la rénovation énergétique des équipements sportifs couverts exigent précisément une étude justifiant les travaux et les économies attendues. Même chose pour les subventions : leur page aligne Région, Banque des Territoires, FFN, Agence du sport et mécénat comme si le financement était presque sécurisé. Or ce sont au mieux des pistes de financement, avec des plafonds, des critères d’éligibilité et de la concurrence entre projets. Le “Plan Bassins d’Apprentissage Mobiles” cité par REV vise par son nom même des bassins mobiles ; ce n’est pas la même chose qu’un petit bassin fixe de 10 x 11 m dans une piscine reconstruite. Et le plan “5 000 équipements” ne finance pas magiquement 100 % du projet : l’Agence du sport rappelle que le cumul des aides ne peut pas dépasser 80 %. Là encore, REV transforme des possibilités théoriques en quasi-certitudes politiques.

Conclusion sur la piscine

REV ne propose pas une petite piscine “raisonnable” ; REV propose de relancer, à l’échelle municipale, un équipement coûteux que la commune a justement cessé d’exploiter parce qu’il était structurellement difficile à soutenir. Leur affichage à 2,2 M€ TTC ne tient pas dès qu’on réintègre les postes oubliés. Leur discours sur les économies d’énergie ne dit rien du coût réel d’une exploitation couverte à l’année. Leur méthode de “devis retenu puis deux autres” n’est pas une méthode sérieuse de commande publique pour un projet de cette ampleur. Et surtout, leur projet arrive au moment même où une réponse intercommunale plus grande, mieux équipée et plus cohérente est déjà portée avec SQY et les communes voisines.

Sport / sport-santé / nautisme

Parler d’“absence de plan réel pour le sport pendant 6 ans” ne colle pas avec les documents publics de la ville. La mairie affiche déjà une offre sportive “accessible à tous”, avec des équipements structurants comme le V Park, les gymnases Alain-Mimoun et du Jeu de Paume, ainsi qu’une école municipale des sports pour les enfants du CP au CM2, encadrée par des éducateurs diplômés. Le magazine municipal d’avril 2025 ajoute des indicateurs précis : Villepreux y est présentée comme la 1re ville francilienne de 10 000 à 15 000 habitants en nombre de licenciés sportifs, avec 34,7 % de licenciés, 27 clubs pour 10 000 habitants et 33 équipements sportifs ; il rappelle aussi qu’une consultation citoyenne est déjà en cours sur l’avenir de la plaine sportive du V Park. Autrement dit, on peut vouloir aller plus loin ; on ne peut pas sérieusement faire comme s’il n’y avait ni politique sportive, ni équipements, ni réflexion en cours.

Sur le sport-santé, leur texte est séduisant mais très flou sur le plan institutionnel. Oui, une commune peut coordonner, communiquer, mettre des locaux à disposition, soutenir des associations ou intégrer une dimension sport-santé dans ses politiques publiques. En revanche, une Maison Sport-Santé n’est pas un simple label politique communal : pour porter ce titre, une structure doit obtenir une habilitation administrative délivrée par les services régionaux du ministère des Sports et de la Santé, selon un cahier des charges précis. Et l’offre existe déjà à proximité : on trouve par exemple une Maison Sport-Santé à Versailles dans l’annuaire national. Donc là encore, REV présente comme une création municipale simple ce qui relève en réalité d’un réseau déjà structuré, d’habilitations administratives et de partenariats de santé plus larges que la seule commune.

Leur volet nautique souffre du même défaut. Le Club de Voile de Saint-Quentin-en-Yvelines existe déjà, il est déjà affilié, déjà structuré, déjà formateur, avec une école de voile, des stages jeunes et adultes toute l’année, et une offre compétition. Surtout, il n’est pas “à développer” par Villepreux comme si la commune en avait la main : il est implanté sur l’île de loisirs de Saint-Quentin, et son adresse administrative renvoie à la mairie de Montigny-le-Bretonneux – service des sports. Villepreux peut donc tout au plus faciliter l’accès, relayer l’information, éventuellement aider au transport ou subventionner des inscriptions ; elle ne “développe” pas à elle seule un club nautique extérieur implanté sur un autre site et dans un autre écosystème territorial.

Et dès qu’on met des chiffres, la promesse devient beaucoup moins légère. Le CVSQ affiche 750 € par an pour l’école de sport, avec matériel, coaching et participation aux régates locales et régionales ; pour l’équipe régate, c’est aussi 750 € par an, avec en plus des suppléments de matériel de 150 à 300 € selon les supports. Donc, si la commune voulait réellement “développer” l’accès des jeunes villepreusiens à ce club par un soutien direct, rien que pour 20 jeunes, on serait déjà autour de 18 000 à 21 000 € par an, hors transport, hors accompagnement, hors communication. Le sujet n’est donc pas de faire une belle photo avec des voiles ; c’est de dire qui paie, combien, pour combien de jeunes, et avec quelle priorité par rapport aux clubs déjà implantés à Villepreux.

Le passage le plus fragile est probablement le padel au Val Joyeux. Leur page annonce trois terrains de padel fermés, un club-house et un centre de remise en forme pour un “budget approximatif” de 250 000 €, avec 70 à 75 000 € de chiffre d’affaires annuel, un amortissement en 2 à 3 ans et une rentabilité de 20 à 27 %. Dit comme ça, on n’est plus dans une politique sportive municipale, mais dans un business plan de brochure. Le problème, c’est qu’il est très peu crédible en l’état : la ville a déjà inscrit à son budget 2025 50 000 € rien que pour les études d’implantation et de maîtrise d’ouvrage de terrains de padel sur le site des tennis. Quand une collectivité prévoit déjà 50 k€ pour les seules études et l’ingénierie sur un projet de padel, afficher 250 k€ tout compris pour trois terrains couverts, un club-house et un espace fitness paraît très sous-calibré.

Et surtout, leur implantation au Val Joyeux manque de cohérence à plusieurs niveaux. D’abord parce qu’un tel équipement doit être regardé à l’aune de son environnement immédiat : proximité d’habitations, nuisances sonores, circulation, et besoins de stationnement dans un espace déjà très contraint. Le projet doit aussi répondre aux exigences du PLU, notamment en matière d’accès et de stationnement, ce qui interroge fortement sa faisabilité dans un secteur aussi cloisonné que le Val Joyeux. Ensuite, parce qu’un tel site serait situé à deux pas d’une école maternelle, avec le sujet très concret du bruit en journée au moment même où des enfants font la sieste.

À l’inverse, le projet aujourd’hui travaillé par la commune répond à une demande du club de tennis et vient en substitution d’une réhabilitation d’un terrain existant au complexe tennistique d’Alain-Mimoun. Ce projet est déjà bien avancé, et il a l’avantage de s’appuyer sur un site sportif cohérent, où les pratiquants bénéficieront immédiatement des structures existantes : club-house, vestiaires, sanitaires et fonctionnement déjà organisé, ce qui n’existe pas au Val Joyeux. Enfin, le club et la Fédération française de tennis participeront au financement, ce qui renforce encore la crédibilité et la soutenabilité du projet communal par rapport à la proposition de REV.

Collège / Jeunesse

Le premier problème de la proposition REV est juridique et institutionnel : ils parlent comme si la commune pouvait librement décider à la fois d’une extension du collège Léon Blum et d’un gymnase prioritairement réservé au collège et au lycée pendant le temps scolaire. Or, en droit, le département a la charge des collèges et en assure la construction, la reconstruction, l’extension, les grosses réparations, l’équipement et le fonctionnement ; de son côté, la région a la charge des lycées. Le code de l’éducation prévoit bien que les équipements nécessaires à l’EPS doivent être prévus et que des conventions peuvent organiser l’usage d’équipements sportifs par les établissements, mais cela ne transforme pas pour autant un projet de collège en compétence communale ordinaire. Autrement dit : une ville peut faciliter, conventionner, coporter éventuellement un équipement sportif partagé ; elle ne peut pas présenter comme un projet municipal simple ce qui relève d’abord du Département pour le collège et de la Région pour le lycée.

Le deuxième problème, c’est que leurs propres pages se contredisent sur le foncier. Sur la page Santé, REV écrit que le terrain adjacent mesure environ 3 000 m², dont 500 m² au sol pour le centre médical, les 2 500 m² restants étant “réservés à l’extension du collège et à la construction d’un gymnase scolaire”. Sur la page Jeunesse, ils annoncent ensuite un gymnase occupant 2 000 m² au sol, avec en plus des salles annexes et des stationnements dédiés. Le chiffrage d’extension à 500 m² conduit donc à une conclusion très simple : 2 000 + 500 = 2 500 m². Leur propre schéma consomme donc déjà toute l’emprise résiduelle qu’ils annoncent, avant même de compter sérieusement les circulations, retraits, accès secours, parvis, gestion des eaux pluviales, espaces techniques ou les stationnements qu’ils promettent eux-mêmes. Ce n’est pas un détail : cela veut dire que, même sur le papier, leur montage est saturé.

Il faut ajouter un point très concret : l’argument de l’extension du collège arrive tard. Le Département a déjà engagé une réponse, avec des bâtiments modulaires pour agrandir le collège Léon Blum ; la presse locale a présenté cette extension comme destinée à répondre aux besoins du site, et les marchés publics font apparaître une commande d’installation de modulaires. Le conseil départemental mentionne lui-même une extension bâtimentaire livrée à l’été 2025. En parallèle, l’établissement accueillait 677 élèves à la rentrée 2024, soit un niveau qui ne correspond pas au récit d’une explosion incontrôlée des effectifs ; on est plutôt sur un collège autour de 700 élèves depuis plusieurs années. Là encore, REV présente comme une urgence municipale un sujet déjà pris en charge par la collectivité compétente.

Le troisième problème, c’est le coût réel, qu’ils ne donnent pas. Notre estimation interne cohérente est de : 7,8 M€ TTC pour le gymnase de 2 000 m², auxquels s’ajoutent 2,64 M€ TTC pour une extension de collège de 500 m², soit 10,44 M€ TTC au total pour cette seule page. Et si on ajoute simplement leur projet de piscine que nous avons chiffré à 3,76 M€ TTC, on atteint déjà 14,20 M€ TTC sur le bloc sport/jeunesse, sans même reparler du centre médical. Ce n’est donc pas une “proposition jeunesse” parmi d’autres : c’est un morceau énorme de programme d’investissement à lui tout seul. D’autant plus que, selon le site REV, ce gymnase serait en plus doté de stationnements dédiés, de zones annexes et d’une gestion municipale hors temps scolaire, ce qui alourdit encore l’exploitation future.

Il y a ensuite un angle politique très fort : REV propose de reconstruire sur un site que la ville présente déjà comme une friche d’ancien gymnase du collège engagée dans une autre opération. Dans les vœux 2025, le maire rappelle en effet un projet de logements sur “les friches de l’ancien gymnase du collège”, initié en 2019, bloqué par un recours, et qui prive la commune d’une recette de 3 millions d’euros depuis trois ans. Là encore, on n’est pas dans la petite promesse sans conséquence : reconstruire un gymnase sur cette emprise, c’est potentiellement remettre en cause un montage déjà engagé, des recettes attendues, et toute une cohérence d’aménagement.

Enfin, leur phrase sur le chauffage — “le système de chauffage sera conçu avec des technologies éco-responsables” — n’est pas un engagement technique ; c’est une formule vide. Un projet sérieux devrait préciser au minimum le mode de production retenu, par exemple pompe à chaleur, raccordement réseau, géothermie, biomasse ou autre, mais aussi la stratégie d’isolation, de ventilation, de récupération de chaleur, de régulation, de GTB, la puissance appelée, les consommations visées, l’entretien et le coût global d’exploitation. En l’état, cette mention ne veut rien dire techniquement. Elle donne juste une couleur “verte” au projet, sans aucune donnée de conception, de performance ni de coût.

Parlons de l'emplacement du Gymnase

Sur le terrain de l’ancien gymnase du collège Léon-Blum, la contradiction de REV n’est pas seulement politique ; elle est aussi contentieuse et financière. Ce foncier n’est pas un terrain “libre” que l’on pourrait réaffecter au gré d’un programme électoral. La ville rappelle publiquement qu’il s’agit d’une opération de logements engagée depuis 2019 sur les friches de l’ancien gymnase, bloquée par un recours, et privant la commune d’une recette de 3 millions d’euros depuis trois ans. Elle précise en outre qu’un premier jugement a déjà écarté les griefs invoqués contre cette opération, lesquels portaient notamment sur la prétendue nécessité de conserver une réserve foncière pour le collège, l’environnement de la pépinière, les réseaux d’eaux et la programmation de logements sociaux. À ce stade, il est donc exact de dire que les requérants n’ont pas obtenu, dans ce contentieux, l’annulation qu’ils recherchaient.

Cette situation est d’autant plus problématique que la réaffectation aujourd’hui proposée par REV porte précisément sur le même site qu’elle contribue à immobiliser. Dans son programme 2020, l’équipe municipale actuelle indiquait déjà que le terrain des “Bulles” avait été vendu à un promoteur pour un programme de 85 appartements et écrivait expressément qu’elle “ne pourrait pas s’y opposer”, la vente étant alors présentée comme nécessaire au financement d’un équipement communal. REV propose désormais, sur ce même secteur, un centre médical, tout en y accolant encore une extension du collège et un gymnase. Il y a là une contradiction manifeste : empêcher ou retarder une opération engagée, puis présenter ensuite le terrain bloqué comme support disponible de son propre projet.

Sur le plan financier, le coût pour la collectivité ne se limite pas à la perte de recette liée au foncier immobilisé. Les documents budgétaires publics de la ville font apparaître, pour 2024, 22 000 € d’“autres honoraires, conseils” et 18 000 € de “frais d’actes et de contentieux”, soit 40 000 € inscrits sur ces postes. Sans attribuer automatiquement l’intégralité de ces montants à un seul dossier faute de pièce publique plus fine, ces chiffres suffisent à établir que les procédures et contentieux pèsent aussi concrètement sur les finances communales, au-delà du blocage urbanistique lui-même.

Enfin, ce décalage fragilise la crédibilité d’ensemble du projet REV. On ne peut pas, d’un côté, dénoncer la situation financière de la commune, et, de l’autre, assumer ou entretenir des démarches qui retardent une opération génératrice de recettes, de logements et d’équilibre urbain. Juridiquement, le terrain est engagé dans une opération existante ; politiquement, il est présenté par REV comme la base d’un projet concurrent ; financièrement, le blocage a déjà un coût pour la commune ; contentieusement, un premier jugement a déjà été défavorable aux griefs invoqués contre l’opération. Dans ces conditions, la proposition de REV ne relève pas d’une programmation sérieuse, mais d’une réaffectation hypothétique d’un foncier déjà engagé et déjà contentieux.

Éducation

Le titre même de REV est révélateur : “reconstruire le rôle essentiel des communes dans l’école de proximité”. Or ce rôle, la commune l’exerce déjà pleinement et très concrètement. Le ministère rappelle que la commune gère notamment les personnels non enseignants comme les ATSEM, et organise pour le premier degré tout ce qui relève des locaux, de la restauration scolaire et d’une partie importante du périscolaire. À Villepreux, les documents municipaux listent noir sur blanc ce périmètre déjà assumé : restauration scolaire, entretien des écoles, accueil de loisirs, ATSEM, périscolaire, budget des écoles, et même passeport du civisme. Autrement dit, REV présente comme une reconquête ce qui relève déjà du fonctionnement courant de la commune.

Le deuxième problème est que plusieurs de leurs “solutions” existent déjà. Sur le soutien scolaire, la ville met déjà à disposition une plateforme de soutien scolaire via sa page Vie scolaire, avec un outil numérique dédié, dans le cadre plus large de sa politique d’école numérique. Leur “application municipale de soutien scolaire” ne part donc pas d’un vide : elle duplique un service existant, ou à tout le moins une fonctionnalité déjà offerte aux familles. De la même manière que sur l’accueil de stagiaires qui doit être conservée : si les services municipaux accueillent déjà des stagiaires, alors REV vend à nouveau comme nouveauté une pratique déjà engagée. Et sur le “Pass’Jeune Citoyen”, la ressemblance avec le dispositif Villepreux soutient ses jeunes est trop forte pour être ignorée : la commune propose déjà une aide pouvant aller jusqu’à 600 €, en contrepartie d’un engagement du jeune dans la vie communale sous forme de participation bénévole aux événements municipaux ou associatifs. Là encore, la promesse REV ressemble davantage à un rebaptême qu’à une innovation.

Le troisième point à démonter, c’est leur formulation sur la “fuite des élèves vers d’autres villes”. En l’état, c’est une phrase politiquement efficace, mais juridiquement et administrativement très imprécise. Pour l’école primaire publique, l’enfant est en principe inscrit dans l’école de son secteur, la mairie étant justement l’interlocuteur de référence pour cette sectorisation et les éventuelles dérogations. Pour le collège, la sectorisation relève du Département, tandis que l’affectation individuelle et les dérogations relèvent des services de l’Éducation nationale. Donc imputer globalement à la commune une supposée “fuite des élèves” sans distinguer le primaire, le collège, le privé, les dérogations ou la carte scolaire, c’est simplifier à l’excès un sujet qui dépend de plusieurs niveaux de décision.

La commune a bien un rôle essentiel dans l’école de proximité, mais ce rôle ne consiste pas à promettre n’importe quoi. Il consiste à entretenir les écoles, financer le matériel et les sorties, organiser la restauration, le périscolaire, les accueils de loisirs, soutenir la réussite éducative, travailler le numérique éducatif, et accompagner les jeunes vers l’engagement. C’est précisément ce que montrent déjà les pages municipales sur la vie scolaire, la jeunesse et les budgets. REV prétend “reconstruire” ; en réalité, ils redécouvrent souvent avec retard ce qui existe déjà.

Seniors

Le premier problème du texte REV, c’est qu’il donne l’impression d’un vide municipal alors que la commune a déjà un écosystème seniors structuré. Le CCAS de Villepreux annonce explicitement que ses actions couvrent le maintien à domicile, la lutte contre l’isolement, l’hébergement et les loisirs. La page Seniors de la ville détaille déjà de la téléassistance 24h/24 et 7j/7, de l’aide à domicile via l’UNA, des animations festives et culturelles organisées toute l’année par le CCAS, un thé dansant, des sorties, voyages, conférences, gym tonic, des colis de Noël, une carte Améthyste, ainsi qu’une résidence autonomie gérée par le CCAS avec restaurant ouvert aussi aux autres personnes âgées de la commune sur réservation. En 2025, la ville a en plus lancé la démarche participative Ville Amie des Aînés, précisément pour construire un plan d’action pluriannuel avec les habitants autour de l’autonomie, des transports, du lien social, de l’habitat, de la culture et des loisirs. Donc, quand REV parle comme s’il fallait “tout reconstruire”, ils caricaturent une situation où il existe déjà des services, des animations et même une démarche de concertation dédiée.

C’est visible jusque dans leurs “nouvelles” animations. Le thé dansant figure déjà dans les événements seniors organisés par le CCAS, et le V-Mag 2025 en donne encore un exemple très concret. Le rapport développement durable 2024 mentionne aussi une marche des seniors, un loto intergénérationnel, un café chez soi, un thé dansant et un atelier numérique sur les arnaques. Autrement dit, promettre un loto ou un thé dansant “par saison” ne change pas de modèle ; cela formalise à peine ce qui existe déjà. Même logique sur les loisirs : le CCAS propose désormais un Pass’Loisirs Seniors pour la saison 2025/2026, avec une aide sous conditions de ressources pour les adhésions et activités sportives, culturelles et de loisirs auprès des associations villepreusiennes.

Le deuxième problème est que plusieurs de leurs idées ne relèvent pas d’une décision municipale simple. L’“aide au triplex” pour le maintien à domicile n’est pas une formule sérieuse si elle n’est pas reliée aux dispositifs réels d’adaptation du logement. Or la ville oriente déjà vers le CCAS, la téléassistance, l’aide à domicile et surtout vers SOLIHA Yvelines Essonne, qui accompagne les travaux d’amélioration et d’adaptation au handicap et au vieillissement. La cohabitation intergénérationnelle, elle, existe déjà dans le droit français : une personne de 60 ans ou plus peut accueillir un jeune de moins de 30 ans dans son logement, y compris dans certains cas en logement social, avec un cadre juridique spécifique. Mais cela ne se “décrète” pas à l’échelle communale comme un simple bouton municipal, et encore moins “dans les logements sociaux” sans articulation avec les bailleurs et les associations spécialisées. La ville peut faciliter, informer, mettre en relation ; elle ne crée pas seule ce marché ni ses conditions juridiques.

Même chose sur le transport et l’emploi. Villepreux dispose déjà d’une solution associative de transport accompagné avec SOS Villepreux, qui aide les seniors pour les rendez-vous médicaux, démarches administratives ou visites, avec des bénévoles, après vérification qu’aucune autre solution n’est possible ; la page Seniors rappelle aussi l’existence de la carte Améthyste, financée par le Département. Donc, si REV reparle d’une navette locale type Mobicar ou Gondi, il faut le dire franchement : ce n’est pas une “idée gratuite”, c’est un service à recréer ou à doubler, avec véhicule, assurance, entretien, gestion administrative et éventuellement personnel, pour un coût que vos estimations situent déjà entre 42 000 et 87 000 € par an.

Le troisième angle mort, c’est le flou. “Habitat partagé de jour”, “mise en place de services sportifs adaptés”, “promotion du sport à domicile”, “nomination d’un adjoint” ou “nomination d’un élu délégué” : tout cela peut paraître sympathique, mais une fois retiré l’effet de liste, il reste très peu de contenu opérationnel. Nommer un adjoint ou un élu délégué ne crée ni service, ni financement, ni solution à domicile à lui seul. À l’inverse, la ville a déjà plus de 90 associations recensées, une offre sportive locale réelle, une démarche Ville Amie des Aînés, et un Pass’Loisirs Seniors qui aide justement l’accès aux activités. Donc la bonne lecture politique, c’est celle-ci : REV empile des intitulés rassurants, mais beaucoup relèvent soit de l’existant, soit de dispositifs déjà accessibles, soit de promesses trop floues pour être évaluées sérieusement.

Transports et mobilités

Leur page repose sur une fausse prémisse : présenter Villepreux comme une “ville enclavée loin des transports en commun”. Ce n’est pas sérieux. Villepreux dispose d’une gare Transilien modernisée et rendue accessible en 2025, avec ascenseurs, quais rehaussés, passage souterrain rénové, éclairage renforcé et aménagements PMR financés par Île-de-France Mobilités, la Région et SNCF Gares & Connexions. En parallèle, plusieurs lignes de bus IDFM desservent déjà la commune et ses quartiers ou ses liaisons utiles : par exemple la ligne 5299 dessert le lycée, et la ligne 5115 relie le quartier des Hauts-du-Moulin à la gare de Villepreux, avec de nombreux services du lundi au vendredi. À l’échelle du territoire, le N160 assure en plus une continuité de nuit entre Paris et Plaisir, en relais après le dernier train. On peut toujours souhaiter améliorer l’offre ou certaines correspondances ; on ne peut pas honnêtement parler d’enclavement au sens où le fait REV.

Le deuxième problème est institutionnel. En Île-de-France, l’organisation des transports publics de personnes relève d’Île-de-France Mobilités, pas d’une commune isolée. Et sur le terrain, SQY dispose déjà d’une Agence des mobilités qui centralise l’information sur les bus, trains, vélos, parkings relais, covoiturage et même les navettes autonomes. Autrement dit, quand REV présente une navette locale comme si la mairie pouvait, seule, reconfigurer l’offre de mobilité, ils oublient délibérément le niveau réel de compétence et de coordination. Une ville peut faire remonter des besoins, soutenir une expérimentation, aménager la voirie, organiser la concertation locale ; elle n’est pas l’autorité organisatrice du réseau de transport francilien, c’est pourquoi justement dans notre programme nous proposons de travailler avec SQY vis-à-vis de la navette autonome.

Le troisième angle mort, c’est le coût réel si la commune voulait porter seule une navette. Là encore, leur page donne à voir une solution “simple” qui, en pratique, devient vite un petit service de transport public à financer : achat ou location du véhicule, borne(s) et recharge, maintenance, assurance, gestion des incidents, conducteurs ou encadrement d’exploitation, amplitude horaire, remplacement en cas de panne, information voyageurs, accessibilité et suivi réglementaire. Les ordres de grandeur publics sont parlants : une navette locale coûte couramment entre 180 000 et 380 000 € par an en fonctionnement selon le Cerema, et un minibus électrique peut représenter à lui seul autour de 125 600 € HT à l’achat, hors infrastructure de recharge et hors personnel. Donc, si la ville sortait du cadre régional pour faire “sa” navette, on parlerait bien d’une charge supplémentaire durable, pas d’un gadget gratuit.

Enfin, leur promesse arrive au moment même où l’agglomération expérimente déjà les mobilités de demain à la bonne échelle. SQY teste une navette autonome gratuite, à la demande, dans le secteur Montigny–Guyancourt, et son Agence des mobilités intègre déjà ce type d’innovation dans l’offre d’information territoriale. Cela veut dire qu’une éventuelle évolution intelligente passera d’abord par l’intégration au réseau existant, par l’agglomération et par IDFM, pas par une promesse municipale isolée vendue comme un remède miracle. Là encore, REV fait comme si rien n’existait et comme si la ville partait de zéro. C’est faux sur le diagnostic, et léger sur la méthode.

Bien-être animal

Leur page mélange trois choses très différentes : des obligations légales déjà existantes, quelques idées de bon sens mais très générales, et un ou deux sujets coûteux qu’ils présentent comme s’ils allaient de soi.

Le point le plus sérieux de leur page est en réalité celui sur les chats errants : le code rural permet bien au maire, par arrêté, d’organiser la capture, la stérilisation, l’identification puis le relâcher de chats non identifiés vivant en groupe dans des lieux publics. C’est un vrai levier communal. Mais pour le reste, REV survend beaucoup. La prise en charge des animaux errants n’est pas une innovation de leur programme : les maires ont déjà l’obligation d’empêcher la divagation des chiens et chats, de faire conduire les animaux saisis à la fourrière, et d’organiser une prise en charge rapide même hors des heures d’ouverture. Le code impose aussi à chaque commune de disposer d’une fourrière ou du service d’une fourrière d’une autre commune. REV cite d’ailleurs lui-même l’Éco-fourrière des Quarante Sous, qui assure déjà ce service pour les communes adhérentes et précise que seuls les services municipaux peuvent y déposer les animaux. En clair : sur ce sujet, ils décrivent en grande partie un cadre légal et un service déjà existants, pas une rupture municipale.

On peut aussi relever un problème de sérieux dans leur rédaction. Leur page explique par exemple que le caniparc “n’est pas adapté aux chiots de moins de 4 ans”. Pris au pied de la lettre, c’est absurde et cela dit quelque chose de la rigueur du texte. De même, promettre un “délégué municipal avec un numéro de contact permanent pour le bien-être animal” n’a rien de neuf à Villepreux : la page officielle des élus mentionne déjà une conseillère déléguée en charge de l’écologie, de l’environnement, de la biodiversité et du bien-être animal. Là encore, REV présente comme une création ce qui existe déjà.

Leur proposition d’“amélioration de la gestion nocturne des déchets” est également très floue. À SQY, la collecte des déchets ménagers relève déjà de l’agglomération depuis 2016, et les habitants doivent sortir les bacs la veille au soir de la collecte. Donc parler de “gestion nocturne des déchets” comme s’il s’agissait d’une grande mesure municipale de bien-être animal est imprécis : le sujet touche d’abord à l’organisation intercommunale de la collecte, à la propreté urbaine, au civisme des dépôts et, en partie, à la lutte contre les nuisibles, pas à une politique animale autonome de la commune. Autrement dit, c’est davantage un slogan qu’une mesure calibrée.

Même chose pour le “registre communal des animaux perdus/trouvés”. Cela peut être utile comme relais local, mais ce n’est pas une innovation structurante : il existe déjà un fichier national de référence, I-CAD, qui permet de déclarer un animal perdu ou trouvé, et qui est consulté chaque jour par des vétérinaires, fourrières et associations. I-CAD rappelle aussi qu’un animal errant trouvé ne peut pas être gardé librement et doit être confié à la fourrière. Donc, là encore, REV ajoute une couche locale à un dispositif national déjà en place ; ce n’est pas inutile, mais ce n’est certainement pas la révolution qu’ils suggèrent.

Sur la sensibilisation des jeunes, c’est une idée plutôt saine, mais certainement pas une “reconstruction”. Des actions existent déjà, notamment en ALSH, et c’est exactement comme cela qu’il aurait fallu le formuler : à poursuivre, pas à inventer. Idem pour la biodiversité ordinaire, les nichoirs ou les actions de sensibilisation : ce sont des pistes intéressantes, mais elles relèvent davantage de l’environnement et de la pédagogie locale que d’un grand plan communal animalier.

Sur le cimetière pour animaux, en revanche, là il faut chiffrer proprement. Juridiquement, ce n’est pas une obligation communale, et ce n’est même pas un cimetière au sens du droit funéraire ordinaire : les guides officiels rappellent qu’un cimetière animalier échappe au régime commun des cimetières humains. Service Public indique bien qu’un animal de compagnie mort peut être placé dans un cimetière animalier, mais cela ne crée aucune compétence obligatoire pour la ville. À l’échelle de SQY, Maurepas a déjà ouvert le premier cimetière animalier du territoire ; la presse locale indique un coût de 55 000 €, et la ville de Maurepas affiche des tarifs de concession allant de 150 à 480 € selon le type d’emplacement.

À partir de ce point de comparaison, l’estimation la plus honnête pour Villepreux est la suivante. Pour un petit cimetière animalier simple, paysagé, sans sophistication excessive, avec emplacements en pleine terre et un aménagement de base, il faut probablement compter 50 000 à 80 000 € d’investissement. Si l’on veut vraiment faire ce que REV écrit — concessions en pleine terre, concessions d’urnes, columbarium, jardin du souvenir, signalétique, clôture, allées, règlement, gestion administrative — alors une fourchette prudente devient plutôt 70 000 à 120 000 €. Et encore, cela n’intègre pas proprement la maintenance dans la durée, le temps agent, l’entretien paysager, la gestion des concessions et les reprises futures. Ce n’est donc pas une mesure “gratuite” ou symbolique. Et avec des concessions à 150–480 €, il faudrait, rien que pour couvrir 55 000 € d’investissement initial, vendre environ 115 à 367 concessions selon les tarifs, avant même de parler d’entretien ou de gestion. L’idée peut exister politiquement ; en revanche, elle ne doit surtout pas être présentée comme une évidence budgétaire.

Cadre de vie – “Central Park”

Le premier problème du texte REV, c’est qu’il entretient volontairement la confusion entre préservation d’un espace vert, ouverture au public, préemption, constructibilité et maîtrise foncière. Leur page affirme que “ce terrain est constructible dans le nouveau PLU” et ajoute que SQY l’aurait intégré dans une zone de préemption prioritaire, comme si cela annonçait presque automatiquement un futur projet immobilier. Or ce raccourci est trompeur. D’abord, leur propre texte reconnaît noir sur blanc qu’il faudra “rechercher un accord avec les propriétaires”, ce qui revient à admettre que le terrain n’appartient pas à la commune. Ensuite, une zone de préemption ne signifie pas qu’une collectivité possède déjà le terrain, ni qu’elle peut s’en emparer quand elle veut : le droit de préemption est seulement un droit d’achat prioritaire si le propriétaire décide de vendre. Enfin, du côté de la majorité, la révision du PLU approuvée en 2024 a précisément été présentée comme ayant permis d’arrêter l’ancien projet “Central Parc” de 250 logements, et notre programme rappelle que “le reste du terrain devant le collège” est privé. En clair : REV parle comme si la commune avait déjà la main ; juridiquement et foncièrement, ce n’est pas le cas.

Le deuxième problème, c’est que leur “grand parc urbain” n’est pas du tout un simple parc. Leur propre page parle d’espaces de jeux, de manèges, de petites attractions, d’un plan d’eau, de points de restauration, d’activités payantes, et d’une fermeture nocturne pour sécuriser le site. Autrement dit, ils ne décrivent pas seulement une ouverture paysagère ou une protection écologique ; ils décrivent un équipement de loisirs à exploiter, avec des coûts d’aménagement, d’exploitation, de sécurité, de maintenance, de nettoyage, de surveillance et probablement de gestion commerciale. La formule est politiquement habile, parce qu’elle s’appuie sur un imaginaire très positif — “Central Park”, “jardin d’acclimatation”, “poumon vert” — mais le contenu réel ressemble beaucoup plus à un mini-parc de loisirs municipal qu’à une simple préservation d’espace vert.

Le troisième problème, et c’est le plus écrasant, c’est le coût réel. Selon le chiffrage de notre architecte, sur une parcelle d’environ 10 690 m², on serait déjà, hors attractions, sur un ordre de grandeur de :

  • 4,5 M€ pour les aménagements d’espaces verts,

  • 3 M€ pour un plan d’eau d’environ 2 500 m²,

  • 300 k€ pour trois aires de jeux,

  • 800 k€ pour deux points de restauration.

Cela donne 8,6 M€ HT, soit environ 10,32 M€ TTC avant même de parler sérieusement des attractions. Et si l’on ajoute la fermeture du site la nuit, notre estimation de 150 k€ HT, soit 180 k€ TTC pour la clôture, porte déjà le total à environ 10,5 M€ TTC, sans achat du terrain, sans sécurisation lourde, sans éclairage, sans portails, sans vidéosurveillance, sans personnels, sans entretien du plan d’eau, sans exploitation des points de restauration, et sans coût des manèges ou attractions. Dit autrement : REV présente comme une “vision” un projet qui dépasse déjà 10 millions d’euros avant même le premier ticket d’entrée. Ce n’est pas une esquisse romantique ; c’est une dépense potentiellement colossale.

Le quatrième problème est l’achat du foncier, totalement évacué par leur page. Puisqu’ils écrivent eux-mêmes qu’il faudra trouver “un accord avec les propriétaires”, il faut rappeler l’évidence : on n’aménage pas un parc public structurant sur un terrain privé sans acquisition, ou à défaut sans montage foncier long, complexe et coûteux. Et le droit de préemption ne résout pas magiquement la question, puisqu’il ne s’exerce qu’en cas de vente. Donc leur texte ne chiffre même pas le poste le plus élémentaire du projet : acheter le terrain. C’est un angle d’attaque très fort, parce que cela veut dire que leur “vision” à plus de 10 M€ ne comprend même pas le prix d’entrée foncier.

Le cinquième problème est l’usage réel du site. Selon nos observations de terrain, cet espace sert déjà de passage entre l’avenue du Général-de-Gaulle et l’avenue du Lieutenant-Maurice-Hervé, notamment pour des collégiens, des promeneurs et des habitants du secteur. Or REV écrit explicitement que “le parc serait fermé la nuit”. Cela veut dire très concrètement : clôturer, gérer des accès, assumer les reports de cheminement, changer les habitudes de passage, et potentiellement créer de la frustration locale sur un espace aujourd’hui traversé plus librement. Là encore, leur page vend une image douce et attractive, mais elle oublie de dire qu’un parc fermé, équipé, surveillé et commercialisé est aussi un espace contraint, réglementé et coûteux à faire vivre.

Le sixième problème, plus politique, est la contradiction interne de leur discours. D’un côté, ils se présentent comme défenseurs du “peuple” et du cadre de vie. De l’autre, leur modèle économique envisage des activités payantes au sein du parc pour contribuer à l’équilibre du site. Il ne s’agit donc pas d’un grand espace public simplement rendu aux habitants ; il s’agit d’un lieu partiellement marchandisé, qu’il faudra clôturer, gérer, entretenir et probablement surveiller. Là encore, ce n’est pas interdit ; mais il faut le dire franchement. REV vend un “poumon vert”, mais décrit en réalité un parc à thème léger, cher à créer et cher à exploiter.

Démocratie / participation citoyenne

Sur le texte et le programme de REV ce dernier part d’une accusation très lourde — “dérive autoritaire de notre commune sans respect pour l’opposition ni la population” — puis déroule une série de mesures censées “associer pleinement les Villepreusiens aux décisions municipales” : charte citoyenne, instances citoyennes, pouvoir de décision sur les investissements, conseil de surveillance citoyenne, magazine élaboré par un comité de rédaction ouvert aux habitants, dialogue renforcé avec les services, etc. Or cette présentation est trompeuse, d’abord parce qu’elle fait comme si la commune partait de zéro. Le site de Villepreux affiche déjà une rubrique dédiée à la démocratie participative, renvoie vers une plateforme spécifique “Villepreux Générations 2035”, et cette plateforme explique noir sur blanc que la ville a déjà renforcé la participation “au travers de nombreuses actions telles que les Agoras, les permanences des élus au marché, les réunions publiques, les cafés et dîners du Maire, les Facebook live, la mise en place du budget participatif”, avant d’ouvrir de nouvelles consultations sur la petite enfance, les aînés ou le sport. Le site municipal mentionne aussi un Conseil municipal juniors composé de 17 collégiens de Léon Blum, ce qui montre qu’une logique d’implication citoyenne, y compris des jeunes, existe déjà concrètement. Dire qu’il faudrait “associer enfin” les habitants revient donc à effacer volontairement des dispositifs et des pratiques déjà en place.

Le deuxième problème est juridique. REV promet un “conseil de surveillance citoyenne, autonome”, composé d’habitants et d’acteurs locaux, qui pourrait “se saisir de tout sujet et interpeller le conseil municipal”. Dit ainsi, cela sonne fort ; en droit communal, c’est beaucoup moins libre que cela. Le CGCT permet bien au conseil municipal de créer des comités consultatifs sur tout problème d’intérêt communal, comprenant des personnes extérieures au conseil, notamment des représentants associatifs. Mais le texte précise aussi que leur composition est fixée sur proposition du maire, pour la durée du mandat, et que chaque comité est présidé par un membre du conseil municipal désigné par le maire. En d’autres termes, un organe citoyen consultatif peut exister, mais pas comme une sorte d’autorité parallèle “autonome” disposant d’un pouvoir institutionnel propre face au conseil municipal. REV vend donc comme innovation démocratique une structure qui, en pratique, resterait consultative, encadrée par la mairie et juridiquement bien plus limitée que leur rédaction le laisse entendre.

Le troisième problème est la confusion entre participation et co-décision. REV écrit que “les projets d’investissements de la ville seront débattus avec les habitants, afin de construire des décisions partagées”. Sur le principe, débattre davantage n’est pas choquant. Mais en droit, la décision budgétaire et d’investissement relève toujours du conseil municipal, qui vote les dépenses, les arbitrages et les programmes. On peut consulter, concerter, hiérarchiser avec les habitants, faire du budget participatif sur une enveloppe dédiée ; on ne transfère pas la compétence décisionnelle municipale à une assemblée informelle de riverains. Là encore, la formule est politiquement habile, mais juridiquement floue : elle laisse croire à un “pouvoir de décision” des habitants là où il y aura, au mieux, davantage de concertation. D’ailleurs, la plateforme participative actuelle de Villepreux se présente elle-même comme un espace de consultation destiné à coconstruire et à éclairer les choix, pas comme une institution de substitution au conseil municipal.

Le quatrième point concerne leur promesse sur l’information municipale “en toute transparence”, avec un magazine élaboré par un comité de rédaction ouvert aux habitants “dans le respect des droits de l’opposition”. Là encore, la formule paraît vertueuse, mais elle passe sous silence un élément essentiel : dans les communes de 1 000 habitants et plus, quand la commune diffuse des informations générales sur les réalisations et la gestion du conseil municipal, un espace doit déjà être réservé à l’expression des élus d’opposition, et ses modalités sont définies par le règlement intérieur. Autrement dit, le “respect des droits de l’opposition” n’est pas une générosité promise par REV ; c’est déjà un cadre légal. De plus, ouvrir un comité de rédaction à des habitants ne transforme pas mécaniquement un bulletin municipal en organe neutre : la responsabilité politique et éditoriale du support communal demeure. Là aussi, REV présente comme un grand progrès ce qui relève en partie d’obligations existantes, et en partie d’un dispositif dont ils ne disent rien des règles de composition, d’arbitrage ou de responsabilité.

Le cinquième problème est plus politique que juridique : leur page recycle beaucoup d’intitulés généreux, mais très peu de mécanismes précis. “Charte citoyenne”, “instances citoyennes”, “réel pouvoir de décision”, “conseil de surveillance”, “moyens de recueillir la parole”, “place prépondérante aux associations”, “charte éthique”, “démocratie sociale” : tout cela forme un vocabulaire séduisant, mais souvent sans calendrier, sans périmètre, sans règle de désignation, sans articulation avec le conseil municipal, les commissions, les services ou les obligations déjà existantes. À l’inverse, la ville met déjà à disposition des actes administratifs, une rubrique Conseil municipal, une plateforme de concertation, des questionnaires thématiques et des espaces de rencontre citoyenne. On peut toujours demander plus de lisibilité ou plus de régularité ; il est plus difficile de soutenir sérieusement qu’il n’y aurait aujourd’hui ni transparence, ni outils, ni participation.

Cimetière

Le principal défaut de la page REV est de confondre dignité et reconstruction lourde. Dire “un cimetière digne de ce nom” laisse entendre que le site actuel ne le serait pas, ce qui est injuste pour les familles comme pour les agents. Or en droit et en pratique, l’entretien général d’un cimetière relève bien de la commune, mais hors tombes et monuments privés, qui n’entrent pas dans le même régime. L’ATD31 rappelle clairement que les travaux d’entretien général du cimetière sont des travaux publics relevant du maire, “hormis les tombes”. Et le CGCT rappelle que les bénéficiaires d’une concession peuvent construire sur leur terrain caveaux, monuments et tombeaux : on est donc bien sur un espace où la commune gère le cadre commun, pas une rénovation généralisée de toutes les sépultures privées. Cela compte politiquement, parce que REV donne l’impression qu’il suffirait de “refaire le cimetière” pour régler aussi la question des tombes elles-mêmes ; en réalité, la frontière entre espace public du cimetière et concessions privées est essentielle.

La dignité passe d’abord par l’entretien quotidien, la sécurité des cheminements, la propreté, la lisibilité, la tranquillité et le respect des sépultures, pas forcément par une reconstruction totale. D’ailleurs, le propre texte de Service public sur les concessions montre bien que la concession appartient au titulaire puis à ses héritiers, et qu’en cas d’abandon la commune n’intervient qu’au terme d’une procédure encadrée. Autrement dit, parler d’un “plan global” de réfection des sépultures, sans entrer dans les subtilités juridiques, est trompeur.

Le deuxième angle fort, c’est le coût réel d’un chantier lourd, même avant d’aller jusqu’à l’absurde. D’après un devis haut de gamme, une rénovation des allées en enrobé rouge premium représente déjà environ 44 220 € TTC pour 300 m² et 58 410 € TTC pour 400 m², avec décaissement manuel, évacuation manuelle, géotextile renforcé, double fondation, pose manuelle, protection des concessions et finitions haut de gamme. Ce chiffrage a l’avantage d’être transparent : il intègre précisément le fait qu’un cimetière ancien n’est pas un parking vide, mais un lieu contraint, où l’accès aux engins est difficile, où les abords doivent être protégés, et où les nuisances sont sensibles. Si l’on veut traiter le cimetière avec sérieux, on ne parle pas à la légère d’un chantier global. On chiffre, on phasera, on distingue les zones les plus dégradées, et on se demande si un traitement partiel, progressif et proportionné n’est pas préférable à une reprise totale.

Le troisième point, très important, concerne les arbres hauts et à racines fortes. Là, REV tombe dans un travers assez classique : vendre une image de cimetière “apaisé et arboré” sans prendre en compte les effets techniques. Le Cerema rappelle que, pour les cheminements piétons, la qualité du revêtement doit rester très soignée, notamment pour les personnes âgées, et que les racines d’arbres sont parfois sources de déformation des revêtements. Le même document souligne qu’au-delà de 8 mm d’ondulation, une part non négligeable des seniors rencontre déjà des difficultés. Dans un cimetière, c’est encore plus sensible : on y accueille beaucoup de personnes âgées, à mobilité réduite, parfois endeuillées, souvent en station debout ou en marche lente. Donc planter de grands arbres à système racinaire vigoureux au plus près des allées ou des concessions peut créer exactement le problème inverse de celui que l’on prétend résoudre : soulèvement des allées, désaffleurement, inconfort, risques de chute, entretien plus coûteux. On ne plante pas des arbres de grand développement n’importe où, comme élément décoratif, sans réfléchir aux contraintes d’emprise, de voisinage et de croissance.

Leur illustration est une image d’ambiance, pas un plan d’exécution. Elle ne dit rien des profondeurs de terrassement, des pentes, du phasage, de la protection des monuments, de la gestion des eaux, de l’accessibilité PMR, du choix des essences, des distances de plantation, ni du coût de reprise future si les racines travaillent les allées. En matière de cimetière, cette différence entre image et projet est majeure.

Environnement

Le problème de fond de REV, sur l’environnement, est simple : ils découpent artificiellement le sujet en trois pages — propreté générale, encombrants, plantations — pour répéter trois fois le même récit d’abandon, alors qu’une large part des services existe déjà, est organisée, et relève pour partie de SQY depuis 2016. La mairie rappelle en effet noir sur blanc que la compétence “gestion des déchets ménagers et assimilés” est assurée par Saint-Quentin-en-Yvelines depuis le 1er janvier 2016, y compris pour les ordures ménagères, les encombrants, la déchetterie, et même certains signalements liés à l’espace public via Pep’s. REV commence donc par charger la commune sur un champ qui, pour une part essentielle, n’est plus piloté seule par elle depuis maintenant dix ans.

Sur les encombrants, leur argument central est faux ou, au minimum, très trompeur. Ils écrivent que “le ramassage des encombrants est actuellement suspendu par la municipalité”, puis en déduisent que les dépôts sauvages seraient une conséquence directe de cette suppression. Or les documents publics de SQY disent exactement l’inverse : pour les pavillons, la collecte des encombrants se fait sur rendez-vous ; pour les immeubles, elle est assurée une fois par mois en porte-à-porte. Il n’y a donc pas eu suppression du service, mais changement de modèle. REV transforme une évolution du dispositif en disparition pure et simple, ce qui n’est pas sérieux.

Leur critique sur l’information est du même ordre. On peut toujours dire qu’un service public peut être mieux expliqué ; en revanche, affirmer en creux qu’il n’y aurait ni information ni outils n’est pas juste. La ville renvoie vers SQY, publie les références utiles sur sa page “Cadre de vie”, et le magazine municipal rappelle le numéro vert déchets ainsi que l’outil Pep’s pour les signalements. SQY met en outre à disposition l’application SQY TRI, son portail déchets et les formulaires de rendez-vous pour les encombrants. Le sujet réel est donc celui de l’appropriation d’un service organisé autrement, pas celui d’une absence d’information.

Le point le plus faible de REV, c’est ensuite leur “solution” : cinq bennes fixes, une par grand quartier, plus une aide d’agents municipaux sur demande. Dit autrement, ils proposent de créer des points permanents de dépôt sur l’espace public, là où le système actuel cherche précisément à éviter l’installation durable d’encombrants sur trottoir. Le rapport annuel déchets de SQY met d’ailleurs en avant, pour les collectifs, l’intérêt d’une collecte conventionnée où l’encombrant n’est jamais déposé sur l’espace public en cas de non-conformité. Il est donc parfaitement cohérent de dire que leur système de bennes de quartier risque de devenir non pas un remède, mais un point d’appel à l’incivilité : dépôts hors gabarit, dépôts “à côté”, dépôts “en plus”, et banalisation visuelle de l’abandon d’objets volumineux. C’est une inférence, mais elle est directement cohérente avec la logique de maîtrise des dépôts mise en avant par SQY.

Le même défaut existe sur leur page “propreté et protection de l’environnement”. Ils y proposent l’installation de dix corbeilles compactrices connectées à environ 7 000 € TTC l’unité, soit 70 000 € TTC au total, avec l’idée d’une ville plus “smart” et d’une collecte optimisée. Très bien : ce n’est pas absurde en soi. Mais cela montre justement leur méthode. Ils mettent en avant un équipement visible, photogénique, technologique, sans jamais démontrer en quoi ce serait la réponse prioritaire à l’état réel de la propreté, ni comment cela s’articule avec l’existant, les circuits de collecte, la maintenance, le vandalisme, l’emplacement, ou l’entretien courant. Une corbeille connectée n’est pas une politique de propreté ; c’est un outil parmi d’autres. Et l’on retrouve ici le travers habituel de REV : beaucoup d’affichage, peu de hiérarchisation.

Sur les plantations publiques, l’entretien et les jardins, leur discours souffre du même décalage avec les faits. La ville revendique déjà depuis plusieurs années une politique de zéro phyto, de végétalisation des cours d’école, de Permis de planter, de vergers et potagers partagés, de soutien aux jardins, et d’évolution des pratiques de fleurissement avec moins d’annuelles gourmandes en eau et davantage de vivaces et de bulbes. Le rapport développement durable 2023 documente tout cela noir sur blanc. Là encore, on peut vouloir davantage ; on ne peut pas faire comme si rien n’existait.

Notre équipe s’est aussi penchée sur les lilas, oui, c’est probablement l’une des rares idées simplement sympathiques et défendables de leur programme. C’est lisible, localement compréhensible, peu conflictuel, et compatible avec une logique d’embellissement. Mais il faut bien voir ce que cela signifie : si l’on en est à retenir les lilas comme “bonne idée majeure”, c’est aussi parce que le reste du bloc environnement oscille souvent entre la redite, le gadget et la sous-estimation des contraintes. Et il faut surtout rappeler une vérité technique que leur page plantations oublie trop facilement : on ne choisit pas des arbres seulement parce que c’est joli. Le Cerema rappelle que les racines d’arbres peuvent déformer les revêtements, et recommande, près des cheminements prioritaires, d’étudier des essences à faible développement racinaire. Ce n’est pas un détail. Dans une ville, des arbres mal choisis ou mal implantés peuvent soulever les trottoirs, dégrader l’accessibilité, compliquer les cheminements des personnes âgées ou à mobilité réduite, et renchérir l’entretien dans la durée. Une politique de plantation sérieuse ne consiste donc pas à multiplier des essences “qui font beau” sur une image ; elle consiste à choisir les bonnes essences, aux bons endroits, avec les bonnes contraintes de sol, de réseau, d’ombre, de racines et d’usage.

En conclusion

Sur l’environnement, REV ne propose pas une vision cohérente ; ils additionnent des slogans de propreté, des doublons sur les déchets, des équipements connectés et des intentions végétales sans hiérarchiser les compétences, les coûts ni les usages. Or la ville dispose déjà d’une organisation structurée avec SQY pour les déchets, d’outils d’information existants, et d’une politique réelle de végétalisation, de biodiversité et de jardinage responsable. Leur seule bonne intuition vraiment simple, à la rigueur, c’est peut-être les lilas. Pour le reste, avant de choisir des arbres parce que “c’est joli”, il faudrait presque choisir des arbres qui font pousser des billets pour financer le reste d’un programme déjà largement démesuré.

Familles

Sur le sujet des famille, l’angle de REV semble être le même que sur l’éducation et la petite enfance : partir d’un diagnostic noir — leur accroche parle de “diminution des moyens et dégradation sociale avec fuite des élèves vers d’autres villes” — puis présenter comme une refondation ce qui relève en réalité soit du rôle normal d’une commune, soit de dispositifs déjà en place à Villepreux.

Le premier point à opposer, c’est que la commune agit déjà concrètement pour les familles. Villepreux dispose d’un Relais Petite Enfance qui informe les parents sur les modes d’accueil, les oriente dans leurs démarches et accompagne les assistants maternels ; la ville organise aussi les pré-inscriptions en crèche via une commission d’attribution ; elle met à disposition un portail famille pour la restauration scolaire, les accueils de loisirs, les réservations et le paiement en ligne ; et le CCAS annonce noir sur blanc qu’il intervient dans l’accompagnement au quotidien des familles. On n’est donc pas face à un désert municipal de services aux familles.

Le deuxième point, c’est que plusieurs leviers de soutien familial existent déjà sous une forme très concrète. Le CCAS propose des aides financières de première nécessité, dont une aide au paiement des frais périscolaires ; il propose aussi un Pass’Loisirs Jeunes pour les 6 à moins de 18 ans, avec prise en charge partielle d’activités sportives et culturelles selon les ressources, ainsi qu’une carte cadeau de Noël pour les enfants villepreusiens de moins de 16 ans sous conditions de ressources. De son côté, la ville affiche aussi le dispositif “Villepreux soutient ses jeunes”, avec une aide pouvant aller jusqu’à 600 € en échange d’un engagement du jeune dans la vie communale. Autrement dit, si REV promet une “politique de soutien familial” sans partir de cet existant, ils effacent d’abord ce qui fonctionne déjà pour ensuite le rebaptiser.

Le troisième angle à tenir, c’est celui des compétences réelles. Depuis le 1er janvier 2025, les communes sont bien devenues autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant, donc elles ont désormais un rôle renforcé sur la petite enfance. Mais cela ne signifie pas qu’une commune pilote à elle seule toute la “politique familiale” au sens large, qui dépend aussi de la CAF, de l’État, du Département, de l’Éducation nationale et du tissu associatif. C’est d’ailleurs exactement la ligne qu’affiche déjà Villepreux dans ses vœux 2025 : la commune rappelle avoir anticipé cette réforme, indique disposer d’un taux d’accueil des moins de 3 ans supérieur à la moyenne de l’agglomération et du département, et annonce les Assises de la Petite Enfance et de la Parentalité pour construire un plan d’action avec les professionnels et les parents. Là encore, REV ne part pas d’un vide ; ils arrivent après des outils déjà lancés.

Le quatrième point, plus politique, est que leur formule sur la “fuite des élèves vers d’autres villes” est très discutable dans une page “Familles”. Elle mélange au moins trois sujets différents : l’école primaire, la carte scolaire du collège, et les choix individuels de certaines familles vers d’autres établissements ou le privé. Ce n’est donc pas un indicateur simple d’échec d’une “politique familiale” communale. À l’inverse, la ville affiche déjà un socle assez large de services liés à l’enfance et à la famille : crèches, RPE, restauration scolaire, accueils de loisirs, ATSEM, périscolaire, budget des écoles, et une offre d’animations comme la Fête de la Petite Enfance.

Handicap / PMR

Sur le programme REV, le premier problème rencontré est factuel : leur accusation de “démission totale de la commune pendant 6 ans” est contredite par les documents publics de la ville. Le rapport développement durable 2023 rappelle qu’en 2022, le conseil municipal a fait de l’inclusion une grande cause communale, avec la commission communale Handicap et Inclusion, l’adoption de la charte Commune-Handicap, des actions de mise aux normes PMR, des animations de sensibilisation, l’implantation de trottinettes OMNI adaptées, le soutien à des logements inclusifs, l’embauche d’AESH pour l’accueil d’enfants en situation de handicap sur le temps périscolaire, et des partenariats avec le foyer HESTIA. Les vœux 2025 rappellent en plus que la ville porte depuis 2020 un engagement sur l’inclusion du handicap, avec un projet de résidence accueil de 30 studios pour personnes autonomes en situation de handicap. On peut discuter du rythme ou de l’ampleur ; on ne peut pas sérieusement parler de “démission totale”.

Le deuxième problème est conceptuel : ce qu’ils appellent un “Centre d’Accueil de Jour (CAJ)” pour 12 enfants de 4 à 16 ans au titre de la protection de l’enfance / ASE n’est pas, en l’état, un CAJ au sens utilisé par le Département des Yvelines pour le handicap. Le Département décrit les CAJ handicap comme des structures accueillant des adultes de 18 à 60 ans en situation de handicap, avec des activités adaptées, un soutien éducatif, psychologique et social. REV utilise donc une appellation médico-sociale existante pour désigner autre chose : un dispositif pour mineurs, à mi-chemin entre protection de l’enfance, soutien éducatif, accompagnement scolaire et appui familial. Ce n’est pas un détail de vocabulaire : c’est une confusion de fond.

Le troisième problème est qu’en décrivant ce “CAJ enfants”, REV se rapproche en réalité beaucoup plus d’un SESSAD ou d’un service médico-social orienté handicap enfant que d’un centre d’accueil de jour pour adultes. Leur propre texte parle d’emploi du temps partagé avec l’école, de soutien familial, de projet individualisé, de lien avec les enseignants, d’orientation vers IME ou ITEP, d’activités thérapeutiques, de coordination éducative et paramédicale. Or les sources publiques sur les SESSAD décrivent justement un accompagnement des jeunes de 0 à 20 ans dans leur scolarité et leurs lieux de vie, avec conseil aux parents, aide à l’orientation, coopération avec l’école et transition vers ou depuis des établissements spécialisés. Surtout, l’orientation vers un SESSAD relève d’une demande à la MDPH et d’une décision de la CDAPH dans le cadre du PPS. Autrement dit, REV vend comme création municipale simple quelque chose qui, dès qu’on le prend au sérieux, relève du médico-social spécialisé, de l’orientation MDPH et de cadres beaucoup plus lourds qu’une politique communale ordinaire.

Le quatrième problème est la confusion entre handicap et ASE / protection de l’enfance. Leur page parle à la fois d’enfants “handicapés” ou “en difficulté d’insertion”, puis d’“accueil provisoire, garde directe ou placement à l’Aide sociale à l’enfance”. Or l’ASE n’est pas un simple volet communal du handicap ; c’est un champ départemental de protection de l’enfance, avec ses propres critères, procédures et établissements. En mélangeant tout cela dans un seul projet, REV donne l’impression qu’une mairie pourrait créer, dans un pavillon local, un dispositif hybride couvrant à la fois handicap, difficultés sociales, soutien psychologique, insertion, accueil éducatif de jour et répit familial. C’est précisément le type de montage qui paraît généreux à la lecture, mais qui ne tient plus dès qu’on regarde les cadres institutionnels.

Le cinquième problème est l’immobilier et le coût. Sur ce point, notre analyse est très forte, car comme exprimé plus haut, nous avons de réels experts dans notre équipe dont c’est justement le métier. parce qu’elle remet des surfaces et des montants là où REV ne donne qu’un récit. Leur texte parle de locaux à la Haie-Bergerie ou d’un pavillon avenue des Clayes, avec salles d’activité, espaces thérapeutiques, aires de jeux, zones de repos, accessibilité PMR et équipements sensoriels, sans décrire sérieusement les surfaces nécessaires. Notre hypothèse de travail cohérente : à partir d’un pavillon existant de 150 m², il faudrait environ 340 m² intérieurs au total plus 100 m² d’aire de jeux extérieure, donc une extension d’environ 190 m². Notre chiffrage aboutit alors à 1,61 M€ HT, soit 1,93 M€ TTC, en intégrant réhabilitation, extension, VRD, accès PMR, aire de jeux, maîtrise d’œuvre et études. Autrement dit, même avant le premier mois d’exploitation, on est déjà sur près de 2 M€ TTC. Ce n’est pas une petite adaptation municipale ; c’est une opération immobilière et médico-sociale lourde.

Le sixième problème est le personnel, très sous-estimé par REV. Leur page affiche 3 éducateurs spécialisés, 0,5 ETP de psychologue, 0,2 ETP de psychomotricien et 1 ETP d’aide ménagère, avec des montants exprimés en nets mensuels, ce qui n’est pas une manière sérieuse de budgéter un service. Dans notre contre-chiffrage, même en reprenant seulement leurs ETP mais avec des coûts chargés cohérents, on atteint déjà environ 14 555 € par mois de masse salariale. Et selon notre retour d’expérience, un accueil de jour pour 12 enfants exigerait plutôt l’équivalent de 6 professionnels éducatifs, ce qui fait monter la masse salariale autour de 23 555 € par mois, hors médecine du travail, remplacements, formation, encadrement, assurance et absentéisme. Donc leur budget mensuel global à 15 000 € ne tient déjà plus, même avant les repas, transports, activités extérieures et frais de structure. Avec notre hypothèse réaliste, on arrive plutôt à environ 28 555 € par mois en ajoutant leurs autres postes de fonctionnement, soit 342 660 € par an, et encore sans tout compter. C’est presque le double de leur présentation politique.

Le septième problème est celui des recettes. REV évoque des subventions de l’État via l’ASE, du Département, de la Région, de la CAF, du FSE, plus la participation des familles et des dons. Mais si leur dispositif ressemble en réalité à un accompagnement de type SESSAD ou apparenté, les sources publiques rappellent que l’orientation relève de la MDPH / CDAPH et que l’ensemble des rééducations est financé par la Sécurité sociale. Donc leur panier de recettes mélange là encore des logiques qui ne relèvent pas du même montage. Dit autrement : ils n’ont pas un plan de financement ; ils ont une liste de financeurs possibles, comme si tout pouvait subventionner indistinctement tout le monde.

Sur le volet adultes PMR, leur page reste plus modeste, mais elle mélange aussi l’existant et le flou. La coopération avec SOS Villepreux pour des transports accompagnés renvoie à un besoin réel, mais la ville et son CCAS disposent déjà d’outils : transport accompagné associatif, carte Améthyste pour les personnes remplissant les critères, et services d’aide à domicile. Les repas par la cuisine centrale et leur portage existent déjà dans les documents municipaux, au moins pour les seniors et le portage à domicile. Là encore, REV présente comme nouveauté structurante ce qui relève souvent d’une extension quantitative d’un existant, pas d’une révolution municipale.

Enfin, sur l’accessibilité des bâtiments, leur audit PMR et leurs travaux prioritaires ne sont pas absurdes en soi ; mais ils arrivent après la création de la commission communale d’accessibilité et inclusion, après des mises aux normes déjà engagées, et dans un cadre où l’accessibilité n’est pas ue phrase politique optionnel mais une obligation progressive déjà travaillée par la commune. Là encore, le bon angle n’est pas de dire qu’il ne faut rien faire ; c’est de dire que REV fait comme si rien n’avait été fait pour mieux vendre ensuite une reconstruction totale.

Loisirs

Sur les loisirs / animation de la ville, leur programme est assez facile à analyser, parce qu’il commence par une formule très excessive — “aucune nouvelle offre innovante depuis 10 ans, immobilisme et suppression des manifestations” — puis enchaîne surtout des retours, des doublons et des idées non chiffrées. Or les faits montrent que la ville continue déjà d’animer le territoire : le V-Mag 2025 parle d’une fête foraine, de la Fête de la Petite Enfance, d’événements culturels, et rappelle surtout que Festijeux a fêté ses 10 ans avec plus de 4 400 visiteurs. Le budget 2025 mentionne aussi explicitement les manifestations sportives, dont La Villepreusienne. Et côté seniors, le thé dansant existe déjà dans les animations du CCAS. Donc, dès les trois premières lignes, REV présente comme des “retours” ou des “sauvetages” des rendez-vous qui existent encore aujourd’hui.

Le premier reproche que nous pouvons faire est donc celui-ci : ils vendent comme nouveauté ce qui relève souvent de l’existant. “Maintien de la Villepreusienne et de Festijeux” n’est pas un projet, c’est la reconduction d’événements déjà vivants. “Organisation de thés dansants” n’est pas une innovation non plus : la ville en fait déjà. Et même sur les illuminations de Noël, leur critique arrive en retard, puisque le maire a annoncé dans ses vœux 2025 un retour progressif des illuminations. Autrement dit, leur page ne part pas d’une ville sans vie locale ; elle commence par effacer l’existant pour mieux vendre ensuite une relance.

Le deuxième reproche, plus important, est que presque tout ce qu’ils annoncent coûte de l’argent, mobilise des agents, bloque des sites ou exige une logistique lourde, sans qu’aucun chiffrage sérieux n’apparaisse sur leur page. C’est très visible pour les médiévales, les feux d’artifice, le marché de Noël avec patinoire, les événements auto, l’aéromodélisme, les lotos, la grande kermesse ou la fanfare municipale. Sur nos hypothèses, une petite fête médiévale représente déjà 10 000 à 20 000 €, un feu d’artifice de 20 minutes entre 8 000 et 20 000 € et un marché de Noël avec patinoire synthétique 30 000 à 63 000 €. Et ce ne sont que les coûts les plus visibles : il faut ajouter sécurité, arrêtés, barriérage, communication, nettoyage, raccordements électriques, présence des services techniques, parfois droits SACEM/SPRE, parfois assurance, parfois gardiennage, et souvent mobilisation de policiers municipaux ou d’agents d’astreinte. En résumé : REV empile des affiches de fête, mais ne montre jamais la facture complète. Cette absence de sincérité budgétaire est exactement le même défaut que sur le reste de leur programme.

Le troisième point est qu’ils mélangent des choses de nature très différente. Un feu d’artifice n’est pas une animation légère : c’est un événement très encadré, avec zone de tir, périmètre de sécurité, météo, stockage, sécurisation du public, information préalable et coordination opérationnelle. Un rassemblement de véhicules anciens ou de prestige exige lui aussi une vraie organisation de circulation et de sécurité, surtout s’il est public. Des journées de modélisme ou d’aéromodélisme au gymnase ne sont pas neutres non plus : cela veut dire immobiliser un équipement sportif, organiser l’accès, mobiliser les services et accepter une concurrence d’usage avec les associations sportives. Même la “grande kermesse au château ou dans un lieu prestigieux” est formulée de manière très légère : qu’est-ce qu’un “lieu prestigieux” ? Est-il communal, privé, disponible, compatible avec le public, avec le stationnement, avec les nuisances, avec l’assurance ? Là encore, ils écrivent l’affiche avant d’avoir décrit le projet.

Le marché de Noël avec patinoire mérite un traitement particulier, parce qu’il résume assez bien leur méthode. Dit comme ça, cela fait rêver. Mais en pratique, un marché de Noël du 15 au 30 décembre avec patinoire suppose un site disponible pendant plus de deux semaines, une alimentation électrique, une régie de recettes si l’accès est payant, des agents ou prestataires pour l’exploitation, de la surveillance, de la maintenance, une météo compatible, des commerçants disponibles, un équilibre économique, et un vrai dispositif d’accueil. Ce n’est pas impossible ; c’est simplement très loin d’être un “petit plus” sans conséquence. Et politiquement, il faut le dire franchement : quand on promet à la fois médiévales, feu d’artifice, illuminations, marché de Noël avec patinoire, fête animale, autos de prestige, aéromodélisme, loto, kermesse et fanfare, on ne présente pas une politique de loisirs ; on alourdit la facture de la commune par une accumulation d’événements.

Enfin, il y a un angle plus général à retourner contre eux : leur page ne dit rien des arbitrages. Que suppriment-ils pour financer tout cela ? Quels équipements ferment temporairement ? Quels week-ends mobilisent les services techniques, la sécurité, la police municipale, l’événementiel ? Quels événements sont réellement prioritaires et lesquels relèvent juste de l’effet catalogue ? C’est là leur vraie faiblesse : ils donnent le sentiment qu’une ville pourrait faire “plus de tout”, “tout le temps”, sans coût d’opportunité, sans saturation des équipes, sans concurrence entre usages et sans fatigue budgétaire. C’est faux.

Urbanisme

Sur l’urbanisme, leur programme essaie de se poser en rempart contre l’urbanisation… alors même que les documents municipaux récents disent déjà que le nouveau PLU a été révisé pour freiner la constructibilité, protéger davantage le cadre de vie, et limiter ou interdire la construction de logements sur plusieurs zones. Le rapport développement durable 2023 est très clair : “les objectifs de construction sont revus à la baisse” et “le règlement de plusieurs zones évolue de façon restrictive afin de limiter ou d’interdire la construction de logements”. Le même document explique que la révision du PLU a été engagée justement pour “limiter les droits à construire importants” hérités de l’ancien document, avec une logique assumée de densification maîtrisée, de protection de l’environnement et de zéro artificialisation nette. Autrement dit, REV prétend proposer ce que la commune dit déjà avoir mis en œuvre.

Le deuxième angle fort, c’est qu’ils présentent la majorité comme pro-béton alors que les documents municipaux décrivent au contraire une ligne de réhabilitation plutôt que d’extension urbaine, avec des projets ciblés sur des friches ou du bâti existant. Dans les vœux 2025, le maire explique que la philosophie portée depuis 2020 est de “réhabiliter plutôt que construire”, et cite plusieurs opérations en renouvellement de bâti ou de friches : rue de la Pépinière, ancienne BNP, Pointe à l’Ange, résidence de l’Orme à la Blonde. Le rapport développement durable 2023 parle lui aussi d’un équilibre entre protection du cadre de vie et réponse aux besoins de la population, avec trois projets solidaires alors mis en avant : résidence accueil, Villa Pépinière en bail réel solidaire, et réhabilitation du secteur de la Pointe à l’Ange. Donc leur page urbanisme repose sur un faux contraste : ils s’attribuent la modération alors que les textes de la ville décrivent déjà une stratégie de modération et de ciblage.

Le troisième point concerne les recours.  Selon le discours des vœux 2025, le projet de logements rue de la Pépinière, sur les friches de l’ancien gymnase du collège, a été lancé en 2019, fait l’objet d’un recours, et ce recours prive la ville d’une recette de 3 millions d’euros depuis trois ans ainsi que de logements réservés à des Villepreusiens ; le même discours ajoute qu’un premier jugement a écarté les griefs invoqués contre l’opération. Cela permet de retourner l’argument de REV contre eux : on ne peut pas, d’un côté, dénoncer l’absence de parcours résidentiel et, de l’autre, bloquer des projets précisément conçus pour offrir de l’accession sociale, du locatif social ou des solutions adaptées à des parcours de vie qui changent. Et c’est un point de fond : derrière ces projets, il n’y a pas seulement des “mètres carrés”, il y a aussi des réponses pour des jeunes, des familles monoparentales, des seniors qui ne peuvent plus conserver une maison devenue inadaptée, ou des personnes dont la situation professionnelle ou familiale a évolué. La ville assume d’ailleurs une politique de logement “pour tous les publics, à la fois solidaire mais aussi raisonnée, équilibrée”.

Autre point utile : la page REV laisse entendre que la commune ne maîtriserait rien et que de grands projets cachés sortiraient après les élections. Là encore, les sources publiques nuancent fortement ce récit. Le rapport développement durable 2023 explique que le nouveau PLU a été construit avec ateliers habitants, débats sur le PADD, forum et balade urbaine, et souligne une “démarche de concertation exemplaire”. Les vœux 2025 citent nommément les partenaires mobilisés sur l’habitat et l’aménagement : Département, Région, SQY, CAF, État. Oui, l’urbanisme se pilote avec des partenaires ; non, cela ne signifie pas que tout se décide dans l’ombre. La maîtrise communale ne consiste pas à promettre l’arrêt de tout ; elle consiste à encadrer, négocier, réduire les droits à construire quand c’est nécessaire, et cibler les opérations compatibles avec le cadre de vie et les obligations légales.

Enfin, sur la mixité sociale, le rapport développement durable 2023 indique qu’au moment de sa publication, Villepreux comptait près de 20 % de logements sociaux contre 17 % en 2020, et présente cela comme le signe d’une volonté de rendre le logement accessible à tous tout en préservant l’impératif de mixité sociale. Là encore, on peut discuter les projets un par un ; en revanche, le récit d’une majorité qui abandonnerait soit le cadre de vie, soit la mixité, ne colle pas avec les documents municipaux produits.

Voirie

Le problème du texte de l’opposition n’est pas de constater que certaines rues sont abîmées ; c’est de faire croire qu’une mairie pourrait régler cela seule, vite, et presque rue par rue, comme s’il suffisait de “remettre du goudron”. Or le droit dit l’inverse : l’entretien des voies communales est bien une dépense obligatoire pour la commune, mais les routes départementales relèvent du domaine public routier départemental ; et, en agglomération, le maire coordonne les travaux affectant le sol et le sous-sol des voies publiques, ce qui signifie qu’une opération de voirie mobilise aussi les concessionnaires de réseaux et, selon les cas, l’intercommunalité et le Département. SQY encadre d’ailleurs très strictement les réouvertures de chaussées neuves ou renforcées depuis moins de trois ans. Surtout, une réfection sérieuse ne se résume jamais à une couche d’enrobé : il faut garantir des cheminements piétons accessibles, intégrer les circulations cyclables, arbitrer le stationnement, sécuriser les traversées, protéger les arbres, tenir compte de l’eau, de l’assainissement, de l’électricité, des télécoms et des usages du quartier. Même sur les nids-de-poule, la réalité technique est moins spectaculaire que le discours politique : l’urgence peut se traiter provisoirement à froid, mais la réparation durable se fait à chaud ; et le Département des Yvelines programme justement ses grands travaux de modernisation l’été, quand la météo et la circulation sont plus favorables. En clair, leur page vend de la simplicité là où il y a en réalité de la norme, du temps long, de la coordination et beaucoup d’acteurs.

Le deuxième angle mort de leur texte, c’est le coût réel. Les documents communaux rappellent déjà un rattrapage de 3 M€ sur l’entretien des voiries, et le bilan municipal mentionne encore plus de 370 000 € de travaux de voirie réalisés par SQY entre 2020 et 2023 ; cela montre qu’en voirie, quelques opérations ciblées absorbent déjà très vite des montants importants. Or l’opposition ne parle pas seulement de rustines : elle additionne des rues précises, les routes et trottoirs de secteurs entiers, le chemin de Rambouillet, la vérification de tous les ralentisseurs et ronds-points, et même une intervention portée sur la D98. En chiffrage transparent, donc volontairement prudent, les prix publics récents que nous avons utilisés comme base donnent déjà des ordres de grandeur élevés : scarification autour de 10 €/m², réfection de trottoir en enrobé autour de 27,40 €/m², bordures et caniveaux autour de 25 à 42 €/ml, sans même compter les réseaux, la signalisation, les plantations, les études, la maîtrise d’œuvre et la gestion de circulation ; et pour un aménagement de type bretelle + giratoire, on trouve un exemple yvelinois estimé à 1,7 M€ TTC et un autre giratoire à 1,3 M€ HT. Nous pouvons facilement dire que leur page de proposition sur la “Voirie” représente un ordre de grandeur de 6 à 9 M€ n’a donc rien d’exagéré ; au contraire, c’est même une fourchette prudente. Ce qu’ils présentent comme un “plan d’action” ressemble en réalité à un programme massif de requalification urbaine, partiellement hors compétence communale, et potentiellement colossal pour les finances locales.

Méthode :

Ordre de grandeur, pas devis : ce chiffrage ne prétend pas remplacer un diagnostic, des métrés et un marché public. Il repose sur les propres périmètres annoncés par l’opposition, sur les montants déjà documentés à Villepreux, et sur des prix unitaires publics récents de voirie. C’est précisément pour cette raison qu’il est crédible : il ne minore ni la complexité, ni les coûts cachés.

Source des chiffrages : BPU yvelinois

Catégorie « Propositions de choses déjà existantes »

  • Modernisation du CSU (Il vient d’être inauguré)
  • Actions de prévention dans les écoles : harcèlement, usage des réseaux sociaux, citoyenneté)
  • Eclairage en LED dans les rues (Travail en cours par SQY)
  • Des suites de soins via IDE et MK en centre ville / soins à domicile (Pratique usuelle de nos paramédicaux en ville)
  • Ouverture du théâtre
  • Créer une programmation culturelle
  • Soutien scolaire : Nous utilisons déjà Civiscol
  • Accueil de stagiaires au sein des services municipaux
  • Reprise du principe de « Villepreux soutien ses jeunes » : Paiements de services / formations contre des actions citoyennes
  • Sensibilisation des jeunes en faveur des actions pour les animaux
  • Fourrière animale (obligation donc déjà en place)
  • Gestion des animaux : Délégué municipal avec numéro dédié déjà en place
  • Gestion des encombrants, déjà opéré par SQY
  • Organisation de thés dansants

Nous sommes touchés de voir que ces propositions qui existent déjà et qui plaisent à l’opposition et aux villepreusiens figurent ici. Nous prenons ainsi note de communiquer encore plus sur ces actions. 

Conclusion

En retenant une hypothèse de 37 M€ d’investissements et 65 ETP supplémentaires, le programme de REV ferait passer la dette communale d’environ 4 M€ à 41 M€, soit une multiplication par plus de 10 et un ratio voisin de 3 500 €/habitant, contre 344 €/habitant aujourd’hui. Même en retenant des hypothèses favorables, il faudrait en parallèle augmenter la taxe foncière communale d’environ 21 à 22 points, soit porter le taux de 29,45 % à environ 51 %, simplement pour financer l’annuité de dette et la masse salariale supplémentaire. À l’échelle nationale, ce serait une situation extrêmement atypique pour une commune. L’OFGL indique que, parmi les communes ayant de la dette, la médiane est à 545 €/habitant et que 10 % seulement dépassent 1 588 €/habitant. À 3 500 €/habitant, Villepreux serait donc à environ 6,4 fois la médiane nationale et à plus du double du seuil d’entrée du décile le plus endetté. Dit autrement : on ne serait pas “un peu au-dessus de la moyenne”, on serait très largement au-dessus de ce que l’OFGL observe déjà comme le haut de distribution. Et le parallèle le plus parlant, c’est celui-ci : 41 M€, c’est à peu près l’encours total que Versailles présente comme dette stabilisée, avec une dette par habitant d’environ 488 €/habitant. Donc, dans ce scénario, Villepreux porterait grosso modo la même dette absolue que Versailles, mais avec une population très inférieure, ce qui explique l’explosion du ratio par habitant. Sur la taxe foncière, un taux communal à 51 % mettrait aussi Villepreux dans une autre ligue. La ville rappelle aujourd’hui que son taux est de 29,45 %, contre 42,09 % pour la strate et 33,35 % en moyenne sur le territoire de SQY. À 51 %, Villepreux serait donc très au-dessus de SQY, nettement au-dessus de la moyenne des communes comparables, et dans la zone de villes déjà très fiscalisées. À titre de repère national, des villes comme Amiens sont à 49,75 %, Caen à 51,03 %, et Angers à 54,24 %. Donc oui : un taux à 51 % ferait sortir Villepreux de son profil actuel de commune à fiscalité modérée pour la rapprocher de villes déjà connues pour des niveaux de taxe foncière élevés.

Dans ce que nous retrouvons aussi beaucoup de l’argumentaire de la tête de liste de R.E.V., K. Golgolab, c’est un registre argumentatif qui relève moins de l’information que de la mise en suspicion. Jean-Noël Kapferer a montré depuis longtemps que la rumeur prospère précisément lorsque l’incertitude, l’émotion et le manque de confiance prennent le dessus sur la vérification ; ce n’est pas un hasard si son ouvrage de référence s’intitule Rumeurs. Le plus vieux média du monde.

Dans cette logique, il ne s’agit pas forcément d’apporter une preuve positive, mais de faire naître l’idée qu’il existerait un projet caché, une vérité dissimulée, une décision prise ailleurs et contre les habitants. Le procédé est connu : on remplace l’examen des documents, des procédures et des compétences par un récit plus émotionnel, fondé sur le soupçon. Or les travaux récents sur la post-vérité rappellent précisément que, dans ce type de climat, les faits pèsent parfois moins dans l’opinion que l’appel à l’émotion et à la croyance personnelle.

Le problème démocratique est là : faire peur peut être électoralement efficace, même lorsque le dossier réel est plus nuancé, plus institutionnel et plus encadré que ce que le récit laisse entendre. Ce n’est pas la transparence qui progresse ; c’est la défiance qui est organisée. Et une politique locale sérieuse ne devrait pas chercher à prospérer sur l’idée qu’“on nous cache tout”, mais sur la capacité à lire les documents, expliquer les contraintes, nommer les partenaires et débattre des choix réels.

La vraie ligne de clivage est donc simple : soit on éclaire les habitants par des faits, des calendriers, des compétences et des chiffres ; soit on entretient un imaginaire du danger caché pour transformer l’anxiété en votes. Dans le premier cas, on fait de la politique publique. Dans le second, on nourrit un climat de rumeur.

Annexe

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